Le Secours catholique dénonce une «ghettoïsation» des pauvres en région parisienne

LOGEMENT Selon une enquête du Secours catholique, 85% des communes interrogées ont moins de 10% de logements «très» sociaux...

20 Minutes avec AFP
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Le 01 avril 2013. Paris - Le DAL - Droit au logement - organise une marche de protestation au depart du la place du Palais Royal pour l'arret des expulsions, requisition des logements vides et la baisse des loyers.
Le 01 avril 2013. Paris - Le DAL - Droit au logement - organise une marche de protestation au depart du la place du Palais Royal pour l'arret des expulsions, requisition des logements vides et la baisse des loyers. — V. WARTNER / 20 MINUTES

  Près de 80%  des communes de la région parisienne de plus de 10.000 habitants n'ont  pas de place d'hébergement pour les plus pauvres, souligne dans une  enquête publiée mercredi le Secours catholique, qui s'inquiète d'un  phénomène de «ghettoïsation».

L'association a mené cette enquête au cours du dernier  trimestre de l'année 2013, envoyant à 210 communes de plus de 10.000  habitants d'Ile-de-France, hors Paris, un questionnaire sur leur  politique sociale.«On laisse aux communes disposant des plus maigres ressources  le soin de prendre en charge les personnes les plus fragiles», dénonce  le Secours catholique.

L'accès au logement social est dans une «situation  catastrophique»: 85% des communes interrogées ont moins de 10% de  logements «très» sociaux, destinés aux personnes en très grande  difficulté.Bien que pauvres, les villes de Champigny-sur-Marne  (Val-de-Marne), Villetaneuse et Montfermeil (toutes deux en  Seine-Saint-Denis) sont les plus engagées en termes de logement social.  En revanche, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Vaucresson (Yvelines)  et Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), trois communes aisées, se  trouvent en bas du classement.

37.000 ménages Dalo en attente d'un relogement

Près de 37.000 ménages reconnus prioritaires pour un logement  (Dalo), soit 75 % du total national, restent en attente de relogement  en région parisienne, et ce depuis des années pour certains d'entre eux. Le taux de relogement Dalo se dégrade considérablement,  puisqu'il ne concerne que 30% des personnes ayant exercé un recours  contre 79% il y a cinq ans.

On retrouve des écarts encore plus considérables pour ce qui  concerne la domiciliation (adresse fournie à des personnes sans  domicile) d'une commune à l'autre avec cette fois un rapport qui va de 1  à 200. Ce phénomène contribue au regroupement des pauvres dans les  communes les plus accueillantes, et «à la ghettoïsation des  populations», souligne l'enquête.«Il n'y a pas de SDF chez nous, donc la commune n'a jamais  été sollicitée. La ville ne domicilie pas», témoigne ainsi une des  communes les moins bien classées. En Ile-de-France, plus de 80.000 personnes sans toit avaient  besoin d'être domiciliées en 2010, selon une enquête réalisée à l'époque  par la région.

Les situations de mal-logement se sont encore aggravées en 2013, rapportait vendredi la Fondation Abbé Pierre.

Au niveau national, elle estime à 3,5 millions le nombre des  personnes confrontées au mal-logement, et à plus de 10 millions celui  des personnes touchées par la crise du logement.