Une ado de 15 ans part faire le djihad en Syrie: Ses parents portent plainte pour «enlèvement» d’enfant

William Molinié

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Capture d'écran BFM TV - Foad, le frère de Nora, partie à l'âge de 15 ans faire le djihad en Syrie.
Capture d'écran BFM TV - Foad, le frère de Nora, partie à l'âge de 15 ans faire le djihad en Syrie. — 20 MINUTES

Elle n’a pas regagné le domicile familial depuis le 23 janvier. Ses proches sont morts d’inquiétude. Nora*, 15 ans, scolarisée à Avignon, aurait rejoint Paris par le train avant de prendre un avion, direction la Turquie afin de se rapprocher de la frontière syrienne et faire le djihad. Depuis son départ, elle a appelé à deux reprises sa famille et refuse de rentrer.

Ses proches vont déposer plainte au commissariat ce mercredi, a annoncé leur avocat, Guy Guenoun, à 20 Minutes. Ce dernier va parallèlement demander au procureur de la République d’Avignon d’ouvrir une enquête pour «enlèvement d’enfant».

Recrutée par des «professionnels de la manipulation mentale»

«Les mineurs qui partent faire le djihad sont généralement cueillis à leur retour et sont inculpés pour terrorisme. Je pars sur une autre dynamique. Nora est victime d’un réseau», explique l’avocat.

Pour lui et les parents de Nora, cette dernière a été recrutée directement sur Facebook par «des professionnels de la manipulation mentale» qui sont parvenus à avoir «une emprise psychique» sur l’adolescente. La jeune fille apparaissait sous son meilleur jour sur son profil Facebook «officiel». Mais un second profil, où elle avait endossé un nom de «guerrière», ne fait pas de doute sur ses intentions. Elle ne se cache pas de vouloir rejoindre une terre de djihad.

Reproductrice de guerre?

Plus inquiétant, ses proches ont reçu ces derniers jours deux appels téléphoniques anonymes, provenant d’un numéro Syrien. A deux reprises, une fois en français, l’autre en arabe, des demandes en mariage ont été formulées.

Selon l’avocat, l’avenir de la jeune fille est sombre. «Ou bien ils l’utilisent comme une kamikaze. Ou bien comme reproductrice pour servir leur cause», indique-t-il. Preuve que ce n’est pas «une guerrière», ajoute-t-il, mais plutôt une «gamine paumée et vulnérable sous l’emprise d’un réseau».

Le parquet anti-terroriste de Paris s’est saisi de l’affaire et a confié l’enquête aux services anti-terroristes français.

*Cette jeune fille étant mineure, son prénom a été changé