Procès du Dr Hazout: «Je ne peux pas croire qu’il ait fait ça», témoigne son ex-femme

Vincent Vantighem

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Le gynécologue André Hazout arrive au palais de justice de Paris pour le premier jour de son procès pour viols et agressions sexuelles, le 4 février 2014.
Le gynécologue André Hazout arrive au palais de justice de Paris pour le premier jour de son procès pour viols et agressions sexuelles, le 4 février 2014. — THOMAS SAMSON / AFP

«Triste» et «blessée». Mais aussi «meurtrie» et «très en colère». Dominique Hazout est venue apporter un témoignage éclairant, ce mardi après-midi, au procès de son ex-mari. Gynécologue de renom, celui-ci est jugé devant la cour d’assises de Paris pour des «viols» et des «agressions sexuelles» qu’il aurait fait subir à certaines de ses patientes.

«Je ne peux pas croire qu’il ait fait ça», a fini par lâcher, à la barre, Dominique Hazout qui a divorcé avec l’accusé en 2010. «C’est quelqu’un de gentil, de doux. Pas du tout quelqu’un de violent!» Visiblement bouleversée par sa venue devant une cour d’assises, cette femme a pour autant levé le voile sur les relations extraconjugales que son mari a avouées au fil des ans.

Une première aventure dans les années 1980

«Il m’a demandé en mariage une semaine après notre rencontre en 1976. Nous avons eu trois enfants. J’ai été très contente et très heureuse avec lui, a-t-elle raconté à la cour. Jusqu’en 2007 où… les choses ont changé.» Interrogé sur l’attitude de son ex-mari, Dominique Hazout raconte alors qu’il a eu une relation extraconjugale dans les années 1980. «A l’époque, cette personne avec qui il était avait envoyé un fax chez nous. Elle voulait visiblement mettre la zizanie dans notre couple.»

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Mais c’est à partir de 2007 que les choses ont véritablement basculé. Convoqué devant le conseil de l’ordre départemental des médecins, André Hazout n’a pu cacher à sa femme son infidélité. «Je ne m’en doutais pas! Il était défait, accablé…» Mais celle qui était également la secrétaire médicale de son époux ne se doute pas alors que ce sont alors des soupçons de «viols» qui planent sur son époux.

«Une patiente m’a appelée…»

Car les indices sont de plus en plus inquiétants. «Une patiente m’avait appelée directement pour me dire qu’elle avait couché avec mon mari, raconte-t-elle encore la voix entrecoupée de sanglots.» Toute vêtue de noir, son ex-épouse dit encore qu’elle avait «confiance en lui» et que certaines patientes «auraient tout fait pour avoir un enfant…»

Infidèle? Oui. Mais violeur? Elle ne peut pas le croire. Et quand l’avocate générale lui demande si elle ne s’est pas doutée de quelque chose quand son mari a demandé à ce qu’un membre du cabinet l’assiste, à partir de 2007, dans tous les examens gynécologiques, elle répond par la négative… «Tout simplement parce qu’il avait dû s’engager auprès du conseil de l’ordre à ce qu’un tiers assiste aux examens pour éviter de déraper…», poursuit l’avocate générale. Le verdict doit être rendu le 21 février.