Trois mineurs en garde à vue pour l'agression d'un handicapé, émoi sur Internet

JUSTICE Agés de 14, 15 et 16 ans, ils devraient être présentés au parquet de Grenoble ce mardi après-midi...

B.D. avec AFP

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Trois jeunes mineurs étaient mardi en garde à vue après l'agression dimanche à Fontaine (Isère) d'un jeune handicapé mental, dont les images postées sur Facebook ont enflammé la toile, suscitant indignation et colère.
Trois jeunes mineurs étaient mardi en garde à vue après l'agression dimanche à Fontaine (Isère) d'un jeune handicapé mental, dont les images postées sur Facebook ont enflammé la toile, suscitant indignation et colère. — Philippe Desmazes AFP

Trois jeunes mineurs étaient ce mardi en garde à vue après l'agression dimanche à Fontaine (Isère) d'un jeune handicapé mental, dont les images postées sur Facebook ont enflammé la toile, suscitant indignation et colère.

«Il faut punir ça», a lancé sur RTL le père de la victime, Yoann, 18 ans, qui est scolarisé en institut médico-éducatif, résumant le ton de la majorité des quelque 20.000 commentaires postés sur Facebook depuis la diffusion de la vidéo montrant l'agression du jeune homme. Celle-ci a eu lieu dimanche dans le parc de La Poya à Fontaine, dans l'agglomération de Grenoble. Sur le document posté sur Internet, on voit deux jeunes tenir leur victime par les bras, la bousculer, puis la pousser dans un ruisseau, lui immergeant les pieds et les mollets.

La vidéo retirée de Facebook

Après le signalement de la vidéo à la plateforme de signalement des contenus illicites de l'Internet, deux des auteurs présumés de l'agression, âgés de 14 et 15 ans, avaient été rapidement interpellés et placés en garde à vue lundi après-midi. Le jeune homme handicapé, qui s'était rendu chez sa mère, a porté plainte au même moment à la gendarmerie de Tullins (Isère). Ce mardi, deux autres mineurs de 12 et 16 ans ont été interpellés pour avoir filmé et participé à l'agression. Celui de 12 ans, qui a joué un rôle minime, a été laissé libre et remis à ses parents à l'issue de son audition. Les trois autres devraient être présentés au parquet de Grenoble ce mardi après-midi. Le procureur de Grenoble devait s'exprimer sur cette affaire à 17h au Palais de justice.

Dans un communiqué diffusé lundi, la ministre chargée des personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti avait dénoncé une vidéo «terriblement choquante», une «agression barbare» et un «crime». «Les agresseurs présumés ont fait la publicité de leur crime, pensant sans doute qu'il resterait impuni, que leur geste serait sans conséquence pour eux-mêmes. Ils se trompent lourdement. La justice saura faire la lumière sur cette affaire et prendre les sanctions appropriées», avait-t-elle ajouté.

Les réseaux se déchaînent

Mais c'est sur la toile que les commentaires se sont déchaînés, beaucoup des internautes faisant le parallèle entre cette agression et la maltraitance du chat Oscar à Marseille, dont l'auteur a été condamné lundi à un an de prison ferme. «Après un chat torturé, un handicapé humilié. La France devient un pays bien pourri», a tweeté l'un d'entre eux, un autre s'interrogeant: «Quand on tabasse un chat, c'est un an ferme (et tant mieux), combien auront-ils pour avoir tabassé un handicapé?» Le père de Yoann a lui aussi appelé à punir les auteurs, qu'il a qualifiés de «lâches». «On ne s'attaque pas à un handicapé. Il faut vite arrêter ça», a-t-il déclaré.

La vidéo a été retirée de Facebook ce mardi midi. Dans un communiqué, le réseau social a indiqué avoir décidé de supprimer la vidéo aussitôt après avoir eu «connaissance de ce contenu». «Alors que nous encourageons la discussion et la communication, Facebook n'accepte pas les propos haineux et nous ne pouvons pas tolérer les attaques contre des individus à cause de leur origine, nationalité, religion, sexe, identité sexuelle, infirmité ou état de santé», ajoute Facebook.