Covoiturage urbain: Un nouveau service va tenter de se faire une place à Paris

Mathieu Gruel

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Illustration de co-voiturage, le 15 septembre 2009
Illustration de co-voiturage, le 15 septembre 2009 — G. VARELA / 20 MINUTES

Trouver sa place dans le trafic. En lançant son nouveau service de covoiturage urbain, ce mercredi, la société de VTC Uber élargit son offre. Mais pourrait bien, dans le même temps, crisper la concurrence. Interrogé par 20 Minutes, le directeur d’Uber France reste toutefois confiant. «Je pense qu’il y a de la place pour tout le monde à Paris», tempère Pierre-Dimitri Gore-Coty.

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Alors que le Conseil d’Etat doit se prononcer prochainement sur un décret contesté par les VTC, qui leur impose des contraintes de réservations, la situation avec les Taxis est très tendue. «Cette tension est évidemment assez claire», reconnaît Pierre-Dimitri Gore-Coty, «et ne devrait pas forcément s’apaiser avec notre nouvelle offre».

Trajets urbains

Celle-ci doit ainsi permettre de partager le véhicule d’un particulier, ce qui la rend pourtant «difficilement comparable à la prestation de transport proposée par un professionnel», explique le directeur. Mais côté Fédération nationale des Artisans du Taxi (FNAT), on accueille la nouvelle fraîchement. «C’est bien joli, mais ce n’est pas leur travail de faire du covoiturage. Ils ne sont pas référencés pour ça», fait remarquer Nadine Annet, la vice-présidente de la FNAT.

Et à cette concurrence déjà rude avec les 17.000 taxis parisiens, «en gare, aux aéroports et partout où nous sommes présents», rappelle Nadine Annet, pourrait aussi s’ajouter celle des sites de covoiturage. Ce que réfute l’entreprise de VTC. «Notamment parce que notre service se concentre sur des trajets urbains. Au contraire, je suis convaincu que la multiplication des offres va bénéficier à tout l’écosystème collaboratif», plaide Pierre-Dimitri Gore-Coty.

Succès de covoiturage

Contacté par 20 Minutes, BlaBlaCar a d’ailleurs confirmé que le trajet moyen effectué par ses utilisateurs était de 320 km. Avec une réservation possible 30 minutes à l’avance, la majorité des trajets sont donc longues distances et assez «atypiques», précise l’entreprise.

Car si des «top trajets», comme Paris-Lille ou Paris-Nantes sont massivement proposés, les utilisateurs recherchent aussi largement «des trajets transversaux». Ainsi, un Amiens-Rennes aura tout autant la cote, en raison du manque de desserte ferroviaire sur cet axe. C’est d’ailleurs avec le train que BlaBlaCar reconnaît être en concurrence frontale.

Le service de covoiturage, lancé en 2007, surfe depuis sur le succès. Affichant une croissance de 100% tous les ans depuis quatre ans, il vient de s’ouvrir à la Russie et à l’Ukraine et compte désormais une base de 6 millions de membres à travers l’Europe. De quoi faire rêver les autres acteurs du secteur. Et susciter des vocations.