Procès du dr Hazout: Le conseil de l’ordre des médecins de Paris vivement critiqué

Vincent Vantighem

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Un spéculum servant aux examens gynécologiques et du matériel pour effectuer un frottis vaginal.
Un spéculum servant aux examens gynécologiques et du matériel pour effectuer un frottis vaginal. — AFP PHOTO DIDIER PALLAGES

Les trois avocats s’étaient installés tranquillement au premier rang. «A la place même des victimes», a tonné l’avocat Georges Holleaux avant de les faire déguerpir trois rangs plus loin. Défendant l’une des patientes qui se présente comme une victime de viol du gynécologue André Hazout, l’avocat Georges Holleaux a mené, ce mardi matin à l’ouverture du procès, une violente charge contre le Conseil de l’ordre des médecins de Paris.

Le temps n’était pas encore venu de débattre des faits. Juste de demander qui souhaitait se constituer partie civile dans cette affaire. «Le Conseil de l’ordre a l’impudence de demander à se constituer partie civile, a grondé l’avocat. Alors qu’il n’a rien fait. Tant et si bien que, pour certaines victimes, les faits sont prescrits aujourd’hui.»

 «Classer verticalement les plaintes»

Le Conseil de l’ordre aurait reçu, dès 1986, des premières lettres de doléances de patientes se plaignant des méthodes du docteur Hazout, accusé de «viols» et «agressions sexuelles». «Et le Conseil s’est borné à classer verticalement les plaintes et à dire au docteur Hazout: ‘’Faites attention, ce n’est pas bien!’’ a plaidé Georges Holleaux. Et aujourd’hui, il voudrait se placer du côté des victimes. Je m’y oppose.»

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 En 2012, le Conseil de l’ordre a été condamné par la cour administrative d’appel pour son «inertie coupable» dans cette affaire. Il a fini par radier le docteur Hazout en 2013. «Bien tard, juge Georges Holleaux. Prévenu dès 1988, le Conseil de l’ordre n’a rien fait et a fait perdre à ma cliente toute chance d’échapper à l’agression sexuelle dont elle a été victime en 2004!»

 «Nous nous sommes battus pour obtenir la radiation»

L’avocate générale a emboîté le pas de Georges Holleaux, assurant qu’elle «adhérait pleinement» à son analyse. «Le Conseil de l’ordre veut se placer du côté des victimes alors qu’il a été du côté du docteur Hazout pendant vingt ans!»

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 Pour sa défense, l’avocat du Conseil de l’ordre a assuré qu’il ne voulait pas d’un «règlement de comptes». «Je ne peux pas laisser dire que le Conseil n’a rien fait puisque nous nous sommes battus pour obtenir la radiation du docteur Hazout.»

 La cour d’assises devrait délibérer ce midi et annoncer en début d’après-midi si le Conseil de l’ordre a le droit de se constituer partie civile.