Mory Ducros: Arcole dit que son offre sera «irrecevable» si la CFDT ne signe pas

SOCIAL Une nouvelle audience est programmée au tribunal de commerce de Pontoise ce mardi après-midi...

avec AFP

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Locaux de Mory Ducros à Gonesse, près de Paris, le 22 novembre 2013.
Locaux de Mory Ducros à Gonesse, près de Paris, le 22 novembre 2013. — THOMAS SAMSON / AFP

La fédération CFDT des Transports a annoncé ce mardi que le syndicat ne signerait pas l'accord collectif exigé par Arcole Industries, candidat à la reprise de Mory Ducros, peu avant l'examen de son offre par le tribunal de commerce. Ce refus de la CFDT, principal actionnaire de Mory Ducros, rendra cette offre «irrecevable», a averti mardi Arcole.

«Les discussions, même s'il y a des améliorations, ne permettent pas a l'heure actuelle de signer l'accord collectif. (...) On demande qu'Arcole lève ses conditions suspensives, sans condition et dépose son offre», a affirmé à la presse André Milan, secrétaire général de la FGTE-CFDT, qui avait signé la semaine dernière un protocole de fin de conflit.

Selon lui, l'élément bloquant dans le plan soumis à la signature est «le choix des critères de licenciement». Les critères retenus «entraînent une sélection quasi-nominative des salariés licenciés. On veut des critères plus objectifs», a affirmé André Milan.

50 agences sur 85 sauvées

Selon Rudy Parent, le délégué CFDT de Mory Ducros habilité à signer, «les ex-Ducros sont ciblés dans le plan social parce qu'ils ont une rémunération un peu supérieure à celle des ex-Mory». «Ce n'est pas acceptable, c'est de l'abus», a-t-il déclaré. «La décision appartient maintenant à Arcole industries», a ajouté André Milan.

L'offre de reprise par Arcole Industries, principal actionnaire du groupe Mory Ducros, en redressement judiciaire, doit être examinée mardi après-midi par le tribunal de commerce de Pontoise (Val-d'Oise). Mais cette offre de reprendre 50 agences sur 85 et sauvegarder 2.210 emplois sur plus de 5.000 est suspendue depuis plusieurs jours à la signature par les syndicats d'un accord majoritaire sur le plan social.

La CFDT écartelée

L'accord de la CFDT, premier syndicat de l'entreprise avec 31,8% des voix aux élections professionnelles, est nécessaire pour que le compromis déjà avalisé par FO (17,1%), la CFTC (10,54%) et la CFE-CGC (9,55%) soit majoritaire. La CGT (30,9%), qui a indiqué qu'elle ne signerait pas l'accord, «ne s'opposera pas à l'application du PSE», a expliqué un de ses responsables, Jérôme Vérité.

Ces derniers jours, la CFDT était écartelée entre deux lignes: celle de la fédération des Transports, convaincue d'être allée «au bout du bout» des négociations, et celle de la section CFDT du transporteur, jugeant insuffisantes les conditions faites aux salariés licenciés.

Arcole, pour qui il n'est pas question de revenir sur les conditions suspensives, prévient que si la CFDT ne changeait pas d'avis, «l'offre d'Arcole, qui assurerait pourtant des perspectives pérennes à Mory Ducros en sauvegardant 2.210 emplois et 50 sites, deviendrait irrecevable».