Retrait de la loi famille: Une victoire «temporaire» pour Marion Maréchal-Le Pen, Christiane Taubira «n'est pas inquiète»

C. B. avec AFP

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Marion Maréchal-Le Pen, le 15 septembre 2013, lors de l'université d'été du Front National à Marseille.
Marion Maréchal-Le Pen, le 15 septembre 2013, lors de l'université d'été du Front National à Marseille. — Alain ROBERT/Apercu/Sipa/SIPA

Le retrait du projet de loi sur la famille suscite diverses réactions ce mardi matin parmi les politiques.

Il y a d’abord ceux qui se réjouissent. Comme la députée FN Marion Maréchal-Le Pen, qui était présente dimanche dans les rangs de la Manif pour Tous. Mais l’élue estime que cette victoire est «temporaire, parce qu'on sait que le lobby LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans, ndlr) en France est si puissant qu'on se doute bien qu'avant la fin du quinquennat, on va avoir à nouveau droit sur la table à ce projet de loi avec la PMA, la GPA». «Il faut être vigilant, on est en période électorale», a recommandé la responsable frontiste.

Il y a aussi ceux qui comprennent cette décision. C’est le cas du conseiller régional PS de l’Essonne Julien Dray: «Moi je m’inscris dans une logique d’évolution de combat pour l’égalité des sexes entre les femmes et les hommes, dans une logique de mariage pour tous, dans une logique qui lutte contre toutes les discriminations mais je sais que je dois dialoguer avec la société (…) dans la loi sur le mariage pour tous, mais nous n’avons pas su prendre en considération ceux qui n’étaient pas d’accord avec nous, ils ont l’impression qu’on leur prend quelque chose et on doit le respecter».

Un «contexte d'hystérisation»

Pour la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, le projet de loi  a été reporté parce qu'il n'était pas «prêt» mais aussi parce que le gouvernement ne voulait pas son examen dans un contexte «d'hystérisation» suscité par la Manif pour tous. «Ce projet de loi famille sera bien examiné, il sera examiné sur les sujets dont nous avons toujours dit qu'ils en seraient la composante essentielle», a-t-elle ajouté, en citant «l'adoption», les «tiers et en particulier les beaux-parents», «la protection de l'enfance».

«Il a toujours été dit, je ne sais plus en quelle langue le dire, que la PMA ne faisait pas partie de ce projet de loi famille», a insisté la porte-parole du gouvernement. La garde des Sceaux Christiane Taubira est également confiante: le projet de loi sur la famille «va bien sûr revenir», «je ne suis pas inquiète», a assuré la ministre de la Justice, qui a trouvé «déplorable» le débat mettant en cause la politique familiale du gouvernement.

Démission de Bertinotti

«On a à droite des manipulateurs», a tancé Christiane Taubira, expliquant que la gauche avait trouvé à son arrivée au pouvoir «2,6 milliards de déficit sur la branche famille»: «Ils manipulent, ils baissent les budgets, ils laissent couler les déficits», a dénoncé la ministre, qui a opposé à la droite le gouvernement qui «fait un très beau travail pour les familles». 

Enfin, pour le député UMP Philippe Gosselin, membre de l'Entente parlementaire pour la Famille, Bertinotti devrait démissionner: «A sa place (de la ministre de la Famille Dominique Bertinotti, NDLR), je démissionnerais pour garder ma dignité. C'est un désaveu complet. A elle d'en tirer les conclusions. Et si ce n'est pas fait rapidement, on peut imaginer qu'elle ne sera pas reconduite lors du prochain remaniement».