Les cliniques menacent de ne plus former d'infirmiers à partir du 1er mars

HOSPITALISATION «La profession de l'hospitalisation privée ne cesse d'être agressée par les pouvoirs publics», écrit la fédération dans un communiqué...

avec AFP

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Une infirmière installe une perfusion à une patiente avant une séance de  chimiothérapie, le 17 Janvier 2007 au centre hospitalier Oscar Lambret  de Lille.
Une infirmière installe une perfusion à une patiente avant une séance de chimiothérapie, le 17 Janvier 2007 au centre hospitalier Oscar Lambret de Lille. — AFP PHOTO/PHILIPPE HUGUEN

La Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) menace d'entrer «en résistance» si le gouvernement n'entend pas ses revendications, notamment en suspendant la formation des élèves infirmiers dans ses établissements à partir du 1er mars.

«La profession de l'hospitalisation privée ne cesse d'être agressée par les pouvoirs publics», écrit la fédération dans un communiqué.

Plus de 30.000 stagiaires chaque année

Se disant maltraitée par rapport aux hôpitaux, et «condamnée à devoir agir fortement pour faire prendre conscience des atouts que le secteur hospitalier privé apporte au système de santé», la FHP «a décidé de s'engager dans un plan d'entrée en résistance à fort impact».

Elle se dit «prête» à suspendre, «à compter du 1er mars et pour une durée indéterminée», l'accueil d'élèves infirmiers. «Plus de 30.000 stagiaires, soit un tiers des élèves infirmiers» sont accueillis chaque année dans les cliniques, précise la fédération.

Tout le système de santé est menacé

Elle songe également à suspendre le «plan emploi» du secteur, qui comprend des objectifs chiffrés d'embauches, dont 600 à 1.000 emplois d'avenir. «Avec ce plan d'actions, nous voulons expliquer que si l'hospitalisation privée disparaît, c'est tout le système de santé qui est menacé», affirme Jean-Loup Durousset, président de la FHP.

Le déclenchement de ces «mesures sans précédents» dépend de trois lignes rouges, «trois points d'agressions caractérisés». D'une part, les cliniques craignent que le gouvernement baisse les tarifs des soins, pour compenser le crédit d'impôt (CICE) dont elles bénéficient, contrairement aux hôpitaux.

Elles refusent en outre que soient instaurés des tarifs dégressifs pour certaines prestations (lorsqu'un volume d'activité est dépassé), comme prévu dans la loi de financement de la sécurité sociale 2014. Enfin, elles ne veulent pas que les missions de service public, comme la formation des infirmiers et des internes, soient réservées au secteur public.