Discrimination au travail: Obèse, «mon patron m’a poussé à démissionner»

Cédric Garrofé

— 

Illustration obésité.
Illustration obésité. — PAUL ELLIS/AFP

La discrimination reste toujours aussi présente au travail d’après les résultats lundi de la 7e édition du baromètre Ifop sur la perception des discriminations dans l’emploi.

>> Les discriminations sur le physique progressent, malgré les apparences
 
Selon celui-ci, 31% des salariés du privé et 29% des fonctionnaires estiment avoir été victimes d’une discrimination, le plus souvent une fois en poste. Et parmi les caractéristiques donnant lieu à des différences de traitement, l’apparence physique. 
 
Être jugé laid, obèse, petit ou mal habillé peut-il vraiment desservir des salariés ou candidats à l’embauche? Des internautes partagent leurs expériences.
 

«J’aurais dû en référer aux prud’hommes»

Souffrant d'une obésité morbide, Thibaut raconte le calvaire que lui a fait subir son ancien supérieur hiérarchique. 
 
«J'étais employé dans une petite boutique. Régulièrement, il me faisait des remarques très désagréables sur mon physique, m’incitant à faire un régime.»
 
Après plusieurs mois de souffrance, Thibaut ose solliciter un entretien. 
 
«J’ai dis à mon patron que ses remarques me rendaient très mal à l’aise. Il m'a répondu en me tendant une feuille et un stylo, arguant que si cela ne me plaisait pas, il me suffisait de rédiger ma lettre de démission.»
 
Après des tractations, les deux hommes se mettent d’accord sur une rupture conventionnelle. 
 
Quand il repense à cette histoire, Thibaut avoue quelques regrets. 
 
«Je voulais que tout se termine le rapidement possible. J'aurais dû en référer au conseil des prud'hommes.»
 
Aujourd’hui, l’internaute pointe une «hypocrisie française» où tout est - dans le non-dit - soumis au «jugement et à la discrimination», contrairement à la plupart des pays européens, où «la qualité du travail fourni prime sur l’apparence».
 
Aujourd’hui sans emploi, le jeune homme de 27 ans vient d’opter pour une chirurgie bariatrique qui devrait lui permettre de perdre du poids.
 
Il espère que cette opération lui permettra de reprendre rapidement pied dans le monde du travail.
 

«Au travail, mon apparence physique est devenue un calvaire»

A 44 ans, Léonie souffre… d’un physique trop avantageux. 
 
«Le fait d’être plutôt mignonne, même si pour mon embauche cela a été probablement un avantage, est devenu un véritable cauchemar.»
 
Employée depuis seize ans dans un grand groupe automobile, l’internaute pointe des hommes, qui «prennent le monde de l’entreprise pour une agence matrimoniale».
 
«Dans les trois services où j'ai travaillé, à chaque fois, un collègue homme est tombé amoureux de moi. Régulièrement, je dois refuser des avances. Il y a dix ans, mon responsable m’avait même demandé si j’étais bien avec mon mari, et si je ne voulais pas
prendre un amant. C’est dommage car je m’entendais bien avec lui.» 
 

«C’est limite du harcèlement»

La jeune femme le révèle, ces situations ne sont jamais simples à appréhender. 
 
«Je suis mariée, et cela ne m’a jamais intéressé. Mais refuser les demandes d’un supérieur hiérarchique, c’est toujours difficile. On a peur pour son travail. Pour moi, c’est limite du harcèlement.»
 
L’internaute s’est résolue à consulter une psychologue, qui l’a bien aidée. 
 
«J’ai appris qu’il faut toujours se défendre et en parler –avec diplomatie– avec la personne qui vous met dans l’embarras. Souvent, celle-ci ne se rend pas compte du mal-être qu’elle cause.»
 
>> Vous estimez avoir subi des discriminations sur votre lieu de travail, liées à votre apparence physique? Racontez-nous dans les commentaires ci-dessous…