Val-de-Marne: Un animateur est jugé pour agressions sexuelles d'écoliers

avec AFP

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Google map de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne.
Google map de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. — 20 Minutes

Un animateur de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), poursuivi pour avoir agressé sexuellement plus d'une dizaine de jeunes garçons au sein de l'école primaire et du centre de loisirs où il travaillait, comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Créteil. Cet homme, 37 ans, comparaît pour agressions sexuelles sur «plus d'une dizaine d'enfants» commises à l'école Berthelot de Villeneuve-Saint-Georges et dans un centre de loisirs de la ville, des faits qui se seraient produits entre 2004 et 2010.

A l'origine du scandale, deux enfants qui ont craqué après un an de calvaire. «Un soir, mon fils de 9 ans m'a raconté qu'un des animateurs le touchait... Je lui ai dit qu'il devait se tromper, il a insisté et m'a dit qu'il leur mettait la main dans la culotte». Devant les larmes de son fils, sa mère a tout de suite compris: «C'est comme si le ciel m'était tombé sur la tête... mais je pensais qu'il m'en aurait parlé plus tôt, ça faisait un an que ça durait!» Le garçon parle d'une autre victime, qui confirme.

L'animateur, qui surveillait la cantine et était également employé dans un centre de loisirs, avait une technique particulière pour attirer ses victimes. «Il était très apprécié des parents et des enseignants», explique-t-on à la mairie. L'homme choisissait ses victimes, «des garçons gentils, qui ne posaient pas de problèmes, qui ne pouvaient pas dire non», à qui il présentait les caresses comme un jeu.

Parents effondrés

Devant les policiers, le prévenu avait très vite reconnu les faits et confié aux enquêteurs qu'il se livrait à des actes pédophiles depuis 1998. L'animateur, décrit comme «banal et pouvant passer inaperçu» selon un parent d'élève, comparaît libre après deux erreurs de procédure qui ont conduit à sa libération début 2011.

Une décision «inadmissible» pour Béatrice Chevassus, déléguée de l'association «Enfance et partage» également partie civile: «Les familles sont révoltées, les parents effondrés et dans une grande colère après sa libération». Deux mères de victimes pointent également les éventuelles responsabilités de la mairie de Villeneuve-Saint-Georges. L'une d'elle se dit «persuadée que la mairie a cherché à étouffer l'affaire», arguant notamment que la mère du prévenu «travaillait et travaille toujours à la mairie».

Des accusations démenties par la commune: «On a affaire à un prédateur, à quelqu'un qui s'est déguisé... Si on avait su et imaginé qu'il soit capable d'une telle chose, il n'aurait pas été là». La mairie, qui s'est portée partie civile au procès, veut faire toute la lumière sur le dossier: «C'est un employé communal, donc de fait la ville se sent responsable, mais il est encore trop tôt pour savoir s'il a été couvert». Le procès devrait vraisemblablement se tenir à huis clos.