Manif pour tous: «On reviendra autant de fois qu'il le faudra»

Mathieu Gruel

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Des participants à «La Manif pour tous», le 2 février 2014, place de L'Ecole militaire (7e)
Des participants à «La Manif pour tous», le 2 février 2014, place de L'Ecole militaire (7e) — VINCENT WARTNER/20MINUTES

ONLR. Quatre lettres en rose pour un mot d'ordre. Sur la joue de plusieurs manifestants, mais aussi sur pas mal de lèvres, le slogan de la Manif pour tous ne change pas. «On ne lâche rien», répète à l'envi la foule, réunie ce dimanche midi place de l'Ecole militaire à Paris (7e).

Sous un beau soleil, et alors que le cortège se met en marche, Marc (1) explique sa présence dans le cortège par un besoin de clarification de la part du gouvernement. Notamment la question de la «théorie du genre»(2), qui, selon ses mots,  «l’a bien crispé», même s'il reconnaît que «certaines choses étaient caricaturales». Mais face à «un gouvernement qui attaque la famille», il attend également des réponses «sur la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA)»(3).

«Familles attaquées»

Non loin, Jean-François juge quant à lui «scandaleux que le pouvoir introduise la notion de «théorie du genre» dans les écoles». Et puis, la façon dont s'est déroulée «l'adoption de la loi sur le mariage homosexuel», lui a laissé un goût amer.

Autour de lui, des drapeaux tricolores se mêlent à d'autres, bleus et roses frappés du logo de la Manif pour tous. Un logo qu'Inès, entourée de quelques-uns de ses neufs enfants, arbore sur son pull et à ses oreilles. Venue de Tours, la famille est déterminée: «On ne baissera pas les bras!», prévient la maman.

Et le cortège est au diapason. «Famille attaquée, société en danger» côtoient des «Je ne veux pas que ma mère s'appelle Robert»... Certains trouvent même un écho jusque sur les balcons, où des voisins crient leur sympathie à des manifestants qui défilent dans un «esprit paisible et déterminé», selon les mots d'ordres rappelés par les porte-paroles.

Une question de valeurs

Aux avant-postes, on croise Christine Boutin, qui parle d'«une France qui est en train de se lever». Un peu plus loin c'est le député UMP Henri Guaino, qui indique être venu par «solidarité».

Claire, une britannique installée en France depuis 20 ans est de ceux-là. «Ni d'extrême-droite ni facho», elle ne croit plus au retrait de la loi, mais veut «juste montrer qu'on est là. C'est une question de valeurs tout ça», ajoute-t-elle, drapeau français à la main.

Les valeurs. C'est aussi ce que Virginie, mère de 4 enfants souhaite défendre cet après-midi. «Inquiète mais confiante», elle explique sa présence comme «une main tendue vers le gouvernement».

Mariage pour tous

Si elle confesse qu'elle n'aurait «jamais pensé descendre dans la rue», n'ayant pas forcément «la fibre militante», elle précise avoir été de toutes les manifestations depuis le début de la mobilisation contre le «Mariage pour tous». Pas très loin, une pancarte rappelle qu'il y en a déjà eu quinze.

C’est que beaucoup, comme Brune, une étudiante venue de Nantes pour l'occasion, espèrent «que le gouvernement reviendra sur sa position» au sujet de la loi sur le mariage pour tous. «Il ne faut pas les laisser croire qu'ils ont gagné», ajoute-t-elle. Et pour cela, elle est prête : «On reviendra autant de fois qu'il le faudra».

(1)Tous les prénoms ont été modifiés.

(2) Le terme «théorie du genre» est utilisée par les manifestants, quand ses partisans parlent d’études de genre.

(3) GPA et PMA ne figurent pas dans la loi sur la famille qui doit être présentée au deuxième semestre 2014