Pas d’huissiers dans le cortège de la Manif pour tous

J. C. avec AFP

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Des manifestants venus défiler contre la loi sur le «mariage pour tous», à Paris, le 26 mai 2013.
Des manifestants venus défiler contre la loi sur le «mariage pour tous», à Paris, le 26 mai 2013. — V. WARTNER/ 20 Minutes

Un petit revers pour la Manif pour tous. La justice saisie par la préfecture de police a annulé, ce samedi, la présence d'huissiers qui avait été obtenue par la Manif pour Tous au sein de son cortège prévu dimanche après-midi à Paris. La juge des référés a, dans sa décision, estimé que l'ordonnance sans débat contradictoire qui avait permis jeudi la présence de ces huissiers n'était pas fondée.

La Manif pour tous conteste

«On prend acte que la préfecture de police ne veut pas jouer la carte de la transparence», a déclaré Cédric Du Rieu, secrétaire général de la Manif pour Tous. Celle-ci «mandatera néanmoins par elle-même des huissiers comme elle en a le droit pour constater la bonne tenue de sa manifestation, a-t-il ajouté. Ils ne pourront pas demander des explications à la police mais constateront leur action».

La Manif pour Tous, expliquant qu'elle redoutait «des interpellations en nombre (...) à l'aveugle contre d'honnêtes citoyens», avait obtenu jeudi sur ordonnance que deux huissiers soient présents dans le cortège pour constater notamment l'attitude des forces de l'ordre et «relever d'éventuelles atteintes à la liberté individuelle».

«On ne peut pas instrumentaliser la justice»

Celle-ci avait été contestée en référé par la préfecture de police qui, selon son avocat, Me Ali Saidji, y voyait «une atteinte à la séparation des pouvoirs» et un «contrôle a priori des actes de l'administration. On place la police sous surveillance.» «On demande aux huissiers de réaliser des choses matériellement impossibles», avec un constat qui ne pourra être qu'«au mieux parcellaire, a-t-il poursuivi. On ne peut pas instrumentaliser la justice à des fins médiatiques.»

Après les défilés contre le mariage homosexuel émaillés de violences en 2013 et une semaine après les débordements qui ont suivi la manifestation Jour de colère, les autorités ont mis en garde contre tout trouble à l'ordre public. La Manif pour tous «en a assez qu'on renvoie de ses cortèges une image fausse» et «souhaite que des officiers ministériels puissent constater ce qui se passe vraiment», avait rétorqué lors de l'audience, l'avocat de l'association, Me Henri de Beauregard, assurant qu'il n'était «pas question de mettre en cause la probité des fonctionnaires de police».