Petit Grégory, Kulik, Raddad: Ces trois autres affaires que l’ADN a tenté de réveiller

Vincent Vantighem

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Grégory Villemin, 4 ans, a été retrouvé mort dans la Vologne en octobre 1984.
Grégory Villemin, 4 ans, a été retrouvé mort dans la Vologne en octobre 1984. — GOYHENE/ SIPA

Trois lettres qui peuvent bouleverser une affaire judiciaire. Alors que l’ADN de Jacques Maire fait parler de lui, vingt-sept ans après le meurtre de Nelly Haderer, 20 Minutes revient sur trois affaires marquantes. Celle d’Elodie Kulik d’abord, dont l’ADN a permis de retrouver le tueur dix ans après. Omar Raddad, lui, est sorti de prison mais compte toujours sur les expertises génétiques pour être totalement blanchi. Finalement, il n’y a que les parents du Petit Grégory qui ne parviennent pas à revenir sur les traces du tueur de leur fils grâce à l’ADN.

Affaire Elodie Kulik

Le 12 janvier 2002, un agriculteur découvre dans une décharge de la commune de Tertry (Somme) le corps dénudé d’Elodie Kulik. L’autopsie révèle que cette banquière de 24 ans a été violée et tuée. Un préservatif et un mégot de cigarette sont retrouvés à côté du corps.

Il faudra attendre dix ans pour que la justice française, se basant sur une technique ADN inédite venue des Etats-Unis (ADN nucléaire), parvienne enfin à remonter la piste. Comparant l’ADN avec le fichier national des empreintes génétiques, les enquêteurs tombent sur le père de Grégory Wiart, condamné pour «agressions sexuelles sur mineurs». L’ADN contenu dans le préservatif appartient à son fils. Celui-ci est mort en 2003 dans un accident de voiture.

Mais la révélation permet aux enquêteurs de remonter le fil, à travers les connaissances de Grégory Wiart. C’est ainsi que William Bardon, l’un de ses anciens amis, est interpellé, mis en examen et écroué pour avoir participé au viol et au meurtre d’Elodie Kulik. Le père de la jeune femme espère qu’il sera jugé en 2014.

>> Vidéo: Ecoutez le père d'Elodie Kulik, le 13 janvier 2013

Affaire Omar Raddad

Non, Omar n’a pas tué Ghislaine Marchal. Condamné à dix-huit ans de prison pour «meurtre», cet ancien jardinier n’a jamais été blanchi par la justice. Finalement libéré en 1998, après avoir bénéficié d’une grâce partielle, le Franco-Marocain n’a pas perdu espoir de voir un jour son innocence totalement reconnue.

Pour cela, il compte sur les expertises ADN. Car depuis 2001, les expertises ont prouvé que l’ADN découvert sur la porte de la chaufferie et le chevron de bois qui a servi à tuer Ghislaine Marchal n’appartenaient pas à Omar Raddad. En réalité, les techniciens de la police scientifique ont découvert deux ADN distincts et inconnus. «Nous demandons que ces ADN soient inscrits au fichier et comparés à tous ceux sur qui pèsent des présomptions dans cette affaire», confiait en 2013 Sylvie Noachovitch, l’avocate d’Omar Raddad. Pour cela, il faut encore que le ministère de la Justice donne son accord.

Affaire du petit Grégory

Cela fera trente ans en octobre prochain que leur fils de 4 ans a été retrouvé mort. Mais, s’ils devaient vider la Vologne à la petite cuiller pour découvrir de nouveaux indices, les parents du petit Grégory le feraient sûrement. Ces dernières années, ils ont méthodiquement envoyé leurs avocats plaider pour obtenir de nouvelles expertises ADN.

Les cordelettes ayant servi à attacher l’enfant, ses chaussures: tout a été passé au crible sans résultat. Seule une trace (un ADN mitochondrial) a été découverte sur le pantalon du petit garçon. Mais la comparaison avec les 186 ADN prélevés durant l’enquête n’a rien donné. «Il y a toujours un espoir dans la mesure où le dossier n’est pas fermé. Mais, d’un point de vue scientifique, l’espoir s’éloigne», estime Jean-Marie Beney, le procureur général de la cour d’appel de Dijon (Côte-d’Or). «S’il n’y avait plus aucune chance de trouver de nouveaux éléments, la justice aurait déjà refermé ce dossier», veut croire, pour sa part, Marie-Christine Chastant-Morand, l’avocate des Villemin.