Mosquée profanée: Une délégation mahoraise à Paris

avec AFP

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Des représentants des musulmans de Mayotte, protestant contre la profanation d'une mosquée il y a un mois, sont arrivés ce jeudi à Paris pour être reçus par le ministère de l'Intérieur et par les autorités religieuses.

Pendant la nuit du réveillon du Nouvel An, une tête de porc avait été déposée devant la mosquée de Dzaoudzi Labattoir, dans cet archipel musulman dans sa quasi-totalité. Trois personnes -un gendarme et son épouse, ainsi que la femme d'un autre militaire- ont été interpellés et seront jugés fin février.

Actes et menaces

Selon Abdallah Zekri, président de l'Observatoire de l'islamophobie, une vingtaine d'actes anti-musulmans avec utilisation de têtes ou de pieds de cochon et de sanglier, ont été dénombrés en 2013 en France, à proximité de lieux de culte ou de locaux associatifs musulmans.

En outre, près d'une douzaine de courriers contenant des tranches de jambon ou des morceaux de viande de porc ont été adressés à des responsables de mosquées, faits répertoriés dans la catégorie «menaces» à l'égard de musulmans.

600 mosquées à Mayotte

La délégation, qui compte notamment le Grand Cadi de Mayotte Bacar Nourdine et le représentant de la mosquée profanée Djoumi Ahmed, est venue rappeler que «Mayotte est une terre française et que les musulmans doivent bénéficier de l'attention au même titre que les autres cultes de la France métropolitaine», selon Me Saïd Larifou, conseiller juridique.

Outre le rendez-vous au ministère de l'Intérieur, des audiences ont été demandées à la Conférence des évêques de France et au Conseil français du culte musulman (CFCM).

La population de Mayotte (environ 250.000 habitants) est à 95% musulmane, dont 90% de pratiquants. L'archipel possède quelque 600 mosquées, dont la plus ancienne date du XIIe siècle.