Les condamnations de «Jour de colère» affluent

D.B. avec AFP

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Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre dimanche 26 janvier à Paris à la fin de la manifestation du collectif  «Jour de colère».
Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre dimanche 26 janvier à Paris à la fin de la manifestation du collectif  «Jour de colère». — MEUNIER AURELIEN/SIPA

La manifestation anti-Hollande ce dimanche du collectif «Jour de colère» fédérant une cinquantaine d’associations très hétéroclite a suscité l’ire d’une partie de l’opinion publique. Composé d'intégristes catholiques, d'opposants au mariage homosexuel, de partisans de Dieudonné, d'identitaires, de patrons en colère, de familles, ce collectif défilait pour réclamer la démission de François Hollande. Des heurts ont eu lieu en fin de parcours entre quelques centaines de manifestants et les forces de l'ordre, provoquant l’interpellation de 250 personnes.

Une violence vivement condamnée par le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) ce lundi qui a fustigé la «haine» et la «violence» des «slogans xénophobes, racistes et antisémites». Idem pour le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) qui a indiqué que cette manifestation «agrégeait dans la même haine antirépublicaine, les chrétiens intégristes homophobes et les nationalistes racistes islamophobes, renforcés par la composante radicale du public de l'antisémite Dieudonné». Tout en demandant que les «coupables de ce déferlement de haine antisémite soient lourdement sanctionnés».

Des condamnations de tous bords

Du côté politique, les réactions ne se sont pas fait attendre non plus. Dès dimanche soir, David Assouline, le porte-parole du Parti socialiste a déclaré n’avoir «aucune compréhension pour la haine de la République». «Slogans homophobes, xénophobes, racistes, antisémites, chants pétainistes, tout a été entendu dans ce cortège des haines et des extrémismes», a-t-il souligné. Un peu plus tard, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a «condamné avec la plus grande fermeté les violences contre les forces de l'ordre commises par des individus, des groupes hétéroclites, de l'extrême et de l'ultra droite, dont le but n'est que de créer du désordre en n'hésitant pas à s'en prendre avec violence aux représentants des forces de l'ordre». Lui emboitant le pas, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll a enfoncé le clou: «Il y a des gens qui sont venus pour la violence, ce n'est pas acceptable».

Gêné aux entournures par la déclaration de l'ancien ministre UMP Luc Chatel sur radio affirmant qu’il «comprenait» la démarche du collectif même s'il ne «soutenait pas», le président de l'UMP, Jean-François Copé a tenu un discours beaucoup plus ferme ce lundi. «Ce que nous avons vu hier n'a rien à voir avec l'idée que je me fais de la République», a-t-il déclaré ce lundi sur Europe 1. «Manifester, bien sûr, est un droit, en revanche, casser, proférer des slogans racistes et antisémites, c'est un délit», a-t-il ajouté. Une clarification que beaucoup attendait.