L’ancien truand et figure du milieu Michel Ardouin est mort

William Molinié

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Portrait de Michel Ardouin dans son pied à terre parisien, le 1er mai 2013.
Portrait de Michel Ardouin dans son pied à terre parisien, le 1er mai 2013. — P.-M Talbot / 20 MINUTES

Au bistrot en face de son domicile du 16e, il s’asseyait toujours dos au mur. «Une vieille habitude», racontait-il à 20 Minutes en mai dernier. Michel Ardouin, l’ancien compagnon de route de Jacques Mesrine, qui le surnommait «porte-avions» en raison de son gabarit et de sa propension à être constamment bien armé, est décédé mardi à Paris à l'âge de 70 ans, a annoncé son éditeur La Manufacture de Livres.

Cet ancien truand, figure du milieu parisien dans les années 1970, s’est associé en 1972 avec l’ancien ennemi public numéro un avec qui il avait braqué quelque 90 banques en 18 mois.

>> Relire sur 20 Minutes l’interview réalisée en mai 2013 de Michel Ardouin 

Le 6 juin 1973, il avait participé à la spectaculaire évasion de Mesrine au tribunal de Compiègne en cachant une arme dans les toilettes. Il avait été libéré de prison en 1995.

Rangé des affaires

Il s'était rangé des affaires à sa sortie de prison et a publié trois ouvrages dont le dernier en date, Dernières nouvelles du milieu, a paru à la Manufacture des Livres en 2013.

En mai 2013, Michel Ardouin nous avait confié sa fatigue de vivre. «Je n’ai plus rien à raconter. Je suis usé», disait-il. Il nous était apparu diminué physiquement, rongé par les trois bouteilles de whisky qu’il a bues chaque jour pendant des années et les trois paquets de cigarettes qu’il continuait de fumer quotidiennement.