Paris: Une première crèche municipale qui mêle enfants handicapés et valides

Oihana Gabriel
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Un lieu municipal qui accueille un tiers d'enfants handicapés de 2 mois et demi à six ans a ouvert le 15 janvier 2014 à Paris dans le 19e.
Un lieu municipal qui accueille un tiers d'enfants handicapés de 2 mois et demi à six ans a ouvert le 15 janvier 2014 à Paris dans le 19e. — Pascal Ménard

Au 18, quai de la Charente (19e) un lieu précieux pour les familles qui cherchent un accueil pour leurs enfants handicapés a ouvert le 15 janvier. Ce jeudi, Bertrand Delanoë et ses adjoints viendront à la rencontre des familles lors de son inauguration. 20 Minutes dévoile les spécificités de ce lieu pilote.

Sur les 66 nouvelles places, 20 sont réservées aux enfants en situation de handicap, physique ou mental ou atteints de maladie chronique. Une expérimentation qui vient compléter les treize crèches associatives qui accueillent entre 20 et 40% d’enfants handicapés.

Accueil mixte jusqu’à 6 ans

Si certaines crèches municipales les accueillent déjà au cas par cas, l’adresse a quelques spécificités. «La différence c’est qu’on accueille les enfants de 2 mois et demi jusqu’à 6 ans, souligne Hervé Bessonnier, directeur de cette nouvelle crèche. On ne devrait même pas s’appeler crèche, en réalité nous n’avons pas encore de nom pour le moment, c’est multi-accueil.»

Un lieu qui s’inscrit dans l’objectif de la Mairie de Paris de changer le regard sur le handicap. «On a intérêt à avoir une mixité dès le plus jeune âge pour éviter la ghettoïsation, résume Christophe Najdovski (EELV), adjoint chargé de la Petite Enfance. Il y a un vrai trou dans l'accueil après 3 ans. Ce lieu permet donc d'aider les parents à trouver une solution de garde.»

Des lieux adaptés à tous les handicaps

Ainsi des enfants diabétiques, autistes, atteints de myopathie, de retards de croissance ou de malformations pourront jouer avec des enfants valides. Les lieux, 800 m2 de plain-pied, ont été pensés pour pouvoir les accompagner. «On a créé un deuxième espace de motricité avec un mobilier souple, reprend Hervé Bessonnier. A la place des toboggans et échelles, on propose des tapis, une piscine à balles et du matériel en mousse pour que les enfants ne se blessent pas. De même, on met à disposition une tente qui recrée le noir complet pour les enfants autistes qui peuvent apprendre à se calmer et se recentrer grâce à des jeux lumineux.» La volonté de s’appuyer sur les compétences de l’enfant au lieu de le mettre en échec est affichée. A la différence des crèches, les espaces ne sont pas définis en fonction des âges, mais des activités et apprentissages des enfants. La salle baptisée «le cocon» est ainsi réservée aux enfants qui ne marchent pas, des bébés aux petits qui ont un retard de croissance.

Et l’équipe a également été renforcée deux auxiliaires et deux éducatrices en plus. Des médecins, psychomotriciens et psychologues participent au fonctionnement de ce lieu pilote à mi-temps.

Quatre autres projets

Toutes les familles parisiennes concernées par un handicap, et non simplement celles du 19e, peuvent candidater (via les PMI de la Ville) pour ces 20 places. «Les familles sont enthousiasmées de trouver une structure ouverte avec un regard d’accueillant et non de soignant, précise Hervé Bessonnier, puériculteur et directeur du lieu. C’est un souffle d’air qui les change des consultations médicales.» Une inauguration un peu tardive? «On n’en fait jamais assez, se justifie Christophe Najdovski. Mais pour les très jeunes enfants, le handicap ne se révèle parfois qu’à un ou deux ans. Il y a un travail de prévention dans les crèches.» Et quatre autres projets d’établissements pilotes mixtes sont dans les cartons. «D’ici 2015, normalement des crèches semblables ouvriront dans le 12e, le 14e et deux dans le 15e.»