Aéroport de Roissy: Le projet CDG Express fait son retour

J. C. (avec AFP)

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L'aéroport de Roissy Charles de Gaulle vue du ciel.
L'aéroport de Roissy Charles de Gaulle vue du ciel. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Le ministre des Transports va relancer jeudi, à l'occasion des vœux à la presse d'Aéroports de Paris (ADP), le projet de construction d'une liaison ferroviaire rapide entre le centre de Paris et l'aéroport de Roissy, baptisée CDG Express, a-t-on appris mardi de source proche du dossier. Le ministre doit détailler la manière dont pourrait être mis en œuvre ce projet. Cuvillier avait fait savoir l'an passé qu'il était favorable à une solution de partenariat public-public.

En attente des «orientations» du gouvernement

Il avait d'ailleurs demandé à ADP, détenu à majorité par l'Etat (54,5%), et Réseau Ferré de France (RFF) de travailler ensemble à la réalisation du projet. ADP et RFF avaient de leur côté indiqué en septembre avoir déposé un dossier conjoint auprès du ministre au début de l'été 2013. Depuis, ils attendent «les orientations» du gouvernement. Interrogé mardi, le ministère des Transports s'est refusé à tout commentaire, de même qu'ADP.

Déclaré d'utilité publique en décembre 2008, le projet d'une liaison ferroviaire directe de 32 km entre la capitale et l'aéroport de Roissy, qui offrirait une alternative au RER B, avait été attribué en concession au groupe français de BTP Vinci. L'entrée en service était alors prévue en 2014. Mais Vinci avait jeté l'éponge après avoir échoué à réunir les financements nécessaires. Le gouvernement avait ensuite ouvert une nouvelle procédure de consultation.

Une alternative au RER B

La nouvelle mouture devra être financée par les recettes des utilisateurs et des passagers aériens, sans apport de subvention de l'Etat et des collectivités locales. Le PDG d'ADP, Augustin de Romanet, avait précisé à l'automne que la taxe par passager «ne viendrait à être effective qu'à partir de la mise en service de l'équipement, vers 2023».

L'arrivée du dirigeant fin 2012 a coïncidé avec un fléchissement de la position du groupe dans ce dossier. Par le passé, ADP refusait de mettre la main au pot tout en relevant la nécessité d'une alternative au RER B.

Une vitrine de la France

La ligne B du RER, qui dessert une série de villes de Seine-Saint-Denis avant d'atteindre l'aéroport de Roissy, fait l'objet de vives critiques de ses usagers. Ces derniers pointent du doigt vétusté, problèmes techniques récurrents et insécurité. ADP comme Air France, principale compagnie cliente du gestionnaire français dont la plateforme de correspondances (hub) est à Roissy, ont maintes fois souligné que Roissy était une vitrine de la France. Une desserte fiable est, selon eux, indispensable pour continuer à attirer des passagers.