Agression raciste «anti-blanc»: Peine alourdie en appel, circonstance aggravante retenue

JUSTICE La circonstance aggravante de racisme avait été écartée en première instance...

avec AFP

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Illustration: La balance de la justice.
Illustration: La balance de la justice. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

La cour d'appel de Paris a condamné mardi à quatre années d'emprisonnement, dont trois ferme, l'un des deux auteurs d'une violente agression sur un quai du RER en 2010 et retenu la circonstance aggravante de racisme, qui avait été écartée en première instance.

La cour a suivi les réquisitions du parquet général et alourdi d'une année d'emprisonnement avec sursis la peine prononcée en première instance, au titre de la circonstance aggravante.

«On fait de ce procès ce qu'il n'est pas»

La victime attribue à son autre agresseur, qui n'a pu être identifié, les propos «sale blanc», «sale Français» qui ont été proférés à son encontre lors de cette agression survenue un matin de septembre 2010 sur un quai de RER Gare du Nord à Paris. Le prévenu, blanc lui aussi, a assuré à l'audience n'avoir ni tenu ni entendu de tels propos.

Déboutée de sa constitution de partie civile en première instance, la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) a été déclarée recevable par la cour d'appel. «On fait de ce procès ce qu'il n'est pas: le procès du racisme et pas celui» d'un homme, a commenté, après lecture de la décision, l'avocat de la défense, Me Grégoire Etrillard. Il a de nouveau souligné la «rédaction problématique», selon lui, de l'article 132-76 du code pénal, qui a permis d'imputer au jeune agresseur la circonstance aggravante alors que seul l'autre agresseur avait tenu des propos racistes. Il a dit étudier sérieusement la possibilité de se pourvoir en cassation.