Le resto-lumino prend ses quartiers à Paris

Oihana Gabriel

— 

Le restaurant Yello's propose de déjeuner tout en profitant de vingt minutes de luminothérapie.
Le restaurant Yello's propose de déjeuner tout en profitant de vingt minutes de luminothérapie. — V. Wartner / 20 Minutes

Marier détox et bonne humeur, un pari ambitieux relevé par Simon. Ce bientôt trentenaire a ouvert il y a trois mois le premier restaurant de France qui ose proposer un menu mariant céréales et vingt minutes de luminothérapie. Oubliez les lampions au mur des bars suédois, Simon et son frère ont choisi un concept plus pratique: des luminettes à glisser sur son nez (même avec ses lunettes de vue) pendant son repas.  Pas de perte de temps donc, pour les salariés de ce quartier de bureau, qui peuvent s’offrir une cure de soleil en mangeant un plat à base de boulghour et un jus de fruits frais pour moins de 13 euros.

Vingt minutes de luminothérapie pour éviter déprime et sieste

«On s’est demandé comment adapter la luminothérapie à la restauration et la lier au bien-être», explique Simon.  En gros, vingt minutes avec les luminettes équivalent à 30 minutes au soleil. Elles sont censées aider à stopper la production de la mélatonine, hormone du sommeil.  Une technique naturelle pour éviter la déprime hivernale… et l’appel de la sieste. «On a vraiment la même sensation que lorsqu’on rentre de la plage, peut-être que dans une heure je pèterai la forme», espère Laure. «C’est très agréable au moment où on les enlève, précise Thomas, son collègue. Je suis arrivé un peu malade, avec la tête prise, mais là ça va mieux…»

«Je pensais que c’était gadget au début»

Une fois ces lunettes avec lumière intégrée chaussées, la rétine doit s’habituer petit à petit au rayon. Pas évident pour tous. «C’est lourd au bout d’un moment, comme les lunettes 3D», critique Brigitte, venue pour tester «parce que nos bureaux sont sombres». Pour Marine, les luminettes ne seront pas son invité chaque midi: «C’est amusant, mais j’ai peur d’avoir mal à la tête, la lumière forte dans les yeux ça braque un peu, et comme je suis migraineuse…»

Dans l’assiette, repas sain rime avec végétarien et/ou produits frais et diététiques dont 80% de bio. «On n’a pas voulu s’étiqueter tout bio parce qu’on pense que certains salariés pourraient penser qu’ils ne vont pas assez manger», sourit Simon, fondateur de Yello’s. Et on essaie de proposer certains plats sans gluten, d'autres sans lactose.» Dans le même esprit, l’équipe propose de l’«eau de Paris» et des cocottes en bois pour limiter les déchets en plastique.

«Pour vraiment avoir un effet sur le moral il faut utiliser la luminothérapie plusieurs fois par semaine. Moi je mets les luminettes tous les matins. Au début, les clients trouvaient ça drôle, se prennent en photo, reprend Simon. Mais certains s’y habituent.» Christine fait partie des fidèles. Passée par hasard lors de l’ouverture, elle teste le déjeuner-luminothérapie… Et revient chaque midi. «Ca intrigue de l’extérieur ces personnes avec une lumière bizarre sur le visage. Les plats sont bons, l’atmosphère zen et j’ai plus faim quand j’ai fini! La luminothérapie, je pensais que c’était gadget au début. Est-ce que je suis de meilleure humeur que les autres hivers grâce à ça? Ça se pourrait.» Yello's compte ouvrir une deuxième enseigne parisienne dans les prochains mois. Vous reprendrez bien un peu de soleil contre le sommeil?