Les pistes pour diminuer la mortalité des jeunes sur les routes

Delphine Bancaud

— 

Une jeune femme au volant qui téléphone à Bordeaux.
Une jeune femme au volant qui téléphone à Bordeaux. — SERGE POUZET/SIPA

Des progrès qui ne masquent pourtant pas la réalité. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls a annoncé ce lundi que la mortalité des 18-24 ans avait  reculé de 10% en 2013. Mais les accidents de la route restent la première cause de décès des jeunes. Et en 2013, ils représentaient 21% des tués sur les routes alors qu’ils ne sont que 9% de la population française.

Une vulnérabilité qui s’explique par différents éléments, explique Jean-Yves Salaün délégué général de l'association Prévention Routière: «Ils ont plus de risque d’avoir un accident du fait de leur inexpérience de la conduite. Car selon les statistiques 2012, 23% des accidents mortels impliquaient un conducteur novice.

Des conduites à risques

Par ailleurs, ils se mettent souvent dans des situations à risques, car ils sortent souvent le soir, parfois en buvant de l’alcool ou en fumant du cannabis. Et ils transportent souvent plusieurs passagers dans leur véhicule», souligne-t-il. Une réalité confirmée par les chiffres car selon Manuel Valls «en 2013, les conducteurs de 18 à 24 ans ayant consommé de l’alcool étaient impliqués dans un accident sur deux entre minuit et 6 heures du matin, les samedi et dimanche».

Pour diminuer les risques d’accidents des jeunes, le gouvernement a pour l’heure plutôt misé sur des mesures générales en matière de sécurité routière: «Celles qui ont été prises ont bénéficié à tous les conducteurs en 2013, même aux jeunes», explique Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la Violence routière.

Pourtant, des mesures davantage ciblées sur cette population pourraient encore améliorer la donne, selon les associations. «Une augmentation des contrôles aux abords des lieux de sorties serait bienvenue», suggère Jean-Yves Salaün. «Il faudrait aussi imposer des éthylotests anti-démarrage aux jeunes conducteurs lorsqu’ils ont été controlés précédemment avec une alcoolémie délictuelle», estime Chantal Perrichon. Pas question cependant pour eux d’interdire tout alcool aux jeunes qui prennent le volant. Une mesure suggérée par l’ancien délégué interministériel à la sécurité routière, Frédéric Péchenard en 2012. Mais la proposition est jugée discriminatoire par certains, inapplicable pour les autres.

Faciliter l’accès au permis

Pour les associations, des mesures devraient aussi être prises pour faciliter l’accès au permis de conduire aux jeunes, ce qui permettrait de soustraire certains d’entre eux à la tentation de rouler sans. Manuel Valls a d’ailleurs annoncé ce lundi que 25 inspecteurs du permis de conduire seraient recrutés en plus en 2014 pour permettre 60.000 examens supplémentaires. «C’est une bonne chose, mais il faudrait aussi que le code soit passé dans les établissements et qu’une partie de l’argent récupéré via les radars serve à financer le permis de jeunes qui n’y arrivent pas», avance Chantal Perrichon.

«Il faudrait aussi améliorer la formation des jeunes concernant les risques routiers. Car beaucoup croient encore que conduire en ayant fumé du cannabis permet de rouler pépère. Par ailleurs, les risques des multi-usages du portable ont vraiment besoin d’être soulignés», souligne Jean-Yves Salaün. Des suggestions que reprendra peut-être à son compte Manuel Valls qui a promis ce lundi, de cibler les jeunes dans certaines campagnes en 2014, en utilisant davantage les réseaux sociaux.