Un homme sur deux et une femme sur trois sont infidèles

SOCIETE C’est ce que révèle un sondage réalisé pour un site de rencontres extra-conjugales…

Audrey Chauvet

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Illustration: un couple.
Illustration: un couple. — Philipp Guelland afp.com

L’infidélité fait les gros titres : d’après une enquête de l'Ifop réalisée pour Gleeden, un site de rencontres extraconjugales, plus d'un homme sur deux (55%) et près d'une femme sur trois (32%) admettent avoir été infidèles. Le site, qui revendique un million de membres dans 150 pays, démontre même avec ce sondage que la proportion de Français ayant déjà été infidèles a progressé de manière continue au cours des quarante dernières années, passant de 19% en 1970 à 30% en 2001 et à 43% aujourd’hui.

Ces chiffres sont toutefois à prendre avec des pincettes, rappelle François de Singly, sociologue à l'université Paris Descartes : «Il faut savoir ce qu’on appelle être infidèle : est-ce qu’on additionne des gens qui ont eu une infidélité sexuelle brève, ce qu’on appelle un coup de canif, et des gens qui sont infidèles depuis des années ? », note le sociologue, pour qui la différence est de taille. «On ferme souvent les yeux sur une incartade, on estime de plus en plus que ce n’est même pas la peine d’en parler pour ne pas faire de peine à l’autre», explique-t-il.

En effet, 63% des Français (contre 53% en 2010) vivant en couple jugent qu'on peut aimer quelqu'un tout en lui étant infidèle. «C’est quand l’infidélité tend à devenir affective et qu’elle dure dans le temps, qu’elle est beaucoup moins acceptée : s’il y a un enjeu affectif, il y a vraiment tromperie.»

Embrasser, c’est tromper ( ? )

Ainsi, si un Français sur deux (46%) a déjà embrassé quelqu'un d'autre que son partenaire et 50% admettent s'être déjà livrés à un jeu de séduction «à caractère adultérin», cela ne les classe pas pour autant dans la catégorie des trompeurs impénitents, estime le sociologue. C’est en revanche le cas pour des «accidents répétés». Et l’actualité le prouve : «Dans l’histoire de François Hollande, on se dit que si cela dure depuis deux ans, ce n’est pas une infidélité, c’est une autre histoire affective. Or, la norme n’est pas d’avoir deux amours», commente François de Singly.

Mais la norme est-elle la même pour les hommes et les femmes ?  D’après le sondage, deux femmes sur trois estiment qu'«embrasser, c'est tromper» alors que ce sont les hommes les plus âgés et les plus aisés (66% des plus de 50 ans et 53% CSP+) qui se distinguent «par une plus grande expérimentation des comportements extra-conjugaux».

«La norme de l’exclusivité est plus féminine, estime le sociologue. Certains hommes semblent être nostalgiques du mariage bourgeois, avec une épouse et une vie sexuelle et affective à côté. Les sites de rencontres peuvent d’ailleurs les entraîner à cela, avec la possibilité d’avoir des relations parallèles.»

Malgré tout, 68% des Français croient encore possible de rester fidèle toute une vie à la même personne. «La fidélité reste exigée en couple. On tolère les accidents tant qu’il y a une relation affective forte à côté. L’infidélité ne devient grave que si elle est le signe d’un détachement général par rapport à l’autre», estime François de Singly.