Alain Penin, un meurtrier présumé solitaire et colérique

JUSTICE La première journée du procès d’Alain Penin a commencé, ce lundi à Douai, par l’examen de personnalité de l’assassin présumé de la joggeuse de Marcq-en-Baroeul, en septembre 2010...

A Lille, Gilles Durand

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 Yves Mougel, le père de Natacha, lors du 1er jour du procès de son meurtrier préumé, Alain Penin aux assises de Douai.
 Yves Mougel, le père de Natacha, lors du 1er jour du procès de son meurtrier préumé, Alain Penin aux assises de Douai. — M.Libert/20 Minutes

«Ces idées, elles me viennent du manque, de la solitude. C’est devenu une obsession. Les autres derniers mois, je passais mon temps à chasser.»

Alain Penin, debout dans le box des accusés, s’explique sur son geste. Il reconnait les faits : le 5 septembre 2010, il a tué Natacha Mougel, une jeune femme qui effectuait régulièrement son jogging autour de Marcq-en-Baroeul.

Un enfant couvé

L’enquêtrice présente un homme «à la personnalité complexe, souffrant de solitude». Une de ses sœurs le présente comme «doux et timide, cherchant à cacher son surpoids». Une autre, comme «oisif et cherchant à rejeter la faute en permanence sur les autres». La cellule familiale est tenue par la mère qui «le couve».

«Il pouvait tout demander à notre maman», témoigne une de ses soeurs. L'autre est plus directe: «Il a toujours été insupportable et infernal. C'est pour ça que les autres le rejetaient. C'est un Calimero. Il ne foutait rien.»

Des relations sexuelles, il en a eu peu. Un premier flirt à 25 ans. «Les filles me repoussaient tout le temps», dit-il. «Il connait des problèmes d’autorité avec les femmes dans le cadre de son travail. Au moins deux l’ont signalé», constate l’enquêtrice.

Côté relations, c’est le néant

Au cours de son dernier travail comme chauffeur-livreur au Resto du cœur à Tourcoing, il passe même pour quelqu’un de jovial. Mais il peut être soupe-au lait et «impulsif», selon sa correspondante en prison. Alain Penin reconnaît ne pas aimer les contraintes.

Côté relations, c’est le néant. Une vie d’errance, à la recherche de petits boulots. Aucun ami de longue date.  «Je n’ai jamais eu réellement d’amis. Quand j’étais jeune, j’étais toujours choisi le dernier», glisse Alain Penin. «Pourtant, on vous a souvent tendu la main, comme votre sœur qui a été obligée de vous virer de chez elle à cause de votre comportement», précise la présidente. Pas de réponse.