Quelques milliers d'anti-avortement manifestent à Paris

SOCIETE Les anti-avortements étaient rassemblés par une quinzaine d'associations...

avec AFP

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Défilé du collectif anti-IVG «J'aime la vie» à Lyon, le 30 novembre 2013.
Défilé du collectif anti-IVG «J'aime la vie» à Lyon, le 30 novembre 2013. — P. FAYOLLE/SIPA

Quelques milliers d'opposants à l'avortement ont pris le départ dimanche à Paris pour une «Marche pour la vie», visant notamment à dénoncer une tentative de «banaliser totalement» l'interruption volontaire de grossesse en France, a constaté une journaliste de l'AFP.

A la veille de l'examen à l'Assemblée nationale du projet de loi pour l'égalité hommes femmes, comportant des dispositions controversées, ces manifestants, souvent venus en famille, ont quitté la place Denfert-Rochereau peu après 15h en direction des Invalides, aux cris de «Oui à la vie» ou encore «Viva Espana».

Les anti-avortements rassemblés par une quinzaine d'associations, exaltaient aussi l'initiative espagnole visant quasiment à supprimer l'avortement. Pour saluer le projet de loi selon eux «avant-gardiste» du gouvernement espagnol, de nombreux participants étaient vêtus de rouge et or, les couleurs du drapeau de l'Espagne.

Projet de loi espagnol salué

Ils s'insurgent à l'inverse contre une disposition du projet de loi sur l'égalité entre hommes et femmes relative au droit à l'information en matière d'IVG et contre un amendement socialiste, passé en commission, supprimant l'idée de la nécessaire «situation de détresse» de la femme pour pouvoir recourir à l'IVG.

La suppression de cette notion revient à «une banalisation totale de l'avortement et une dénégation du droit à la vie inscrit dans le code civil», a dénoncé dimanche Cécile Edel, porte-parole du collectif.

En étendant le «délit d'entrave» à l'IVG, «on ne pourra plus être contre l'avortement. (...) Sur notre site SOS femmes enceintes, nous serons obligés de donner des informations sur l'avortement», s'est-elle indigné.

Pour Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune : «c'est une atteinte intolérable à la liberté d'expression». En tête, une grande banderole revendiquait -- en rouge et or -- le droit d'être «Libre d'être contre l'IVG». Une autre appelle à un «statut de l'embryon».

«Nous voulons remercier l'Espagne pour l'exemple qu'ils nous donnent», a lancé un orateur au mégaphone avant que le cortège ne s'ébranle. Dans la foule des pancartes interrogeaient: «faudra-t-il aller en Espagne pour le garder?» ou «Enceinte et si vous le gardiez?».