Une douzaine de Français mineurs sont en transit ou se sont rendus en Syrie

SOCIETE C'est ce qu'affirme le ministre de l'Intérieur Manuel Valls ce dimanche...

avec AFP

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Manuel Valls le 31 décembre 2013 à Versailles.
Manuel Valls le 31 décembre 2013 à Versailles. — WITT/SIPA

Une douzaine de djihadistes mineurs français sont en transit ou se sont rendus en Syrie, a indiqué ce dimanche le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, alors qu'on a appris cette semaine que deux jeunes de 15 ans de la région toulousaine étaient partis y faire le djihad.

Le ministre de l'Intérieur a rappelé sur «Le Grand rendez-vous» Europe1/I-télé/leMonde que près de 700 Français étaient recensés actuellement par les services français, expliquant que ces départs étaient notamment facilités par la proximité de la Syrie. Vingt-et-un Français sont morts en Syrie, a précisé le ministre.

«Une douzaine de mineurs se sont rendus en Syrie ou ont voulu s'y rendre mais le phénomène s'est accéléré au cours des dernières semaines, depuis la fin de l'année 2013», a affirmé M. Valls, précisant que «six mineurs qui ont manifesté la volonté de s'y rendre» ont été recensés.

Recrutement sur Internet

«Les deux adolescents (de la région toulousaine, ndlr) ne sont peut-être pas en Syrie sans doute en Turquie. Nous agissons en lien avec la famille pour pouvoir les récupérer», a-t-il ajouté.

Ces départs peuvent s'expliquer, selon le ministre, par plusieurs facteurs: «On peut se rendre en Syrie relativement facilement, ensuite ce combat apparaissait juste puisque toutes les grandes puissances condamnaient les agissements du régime de Bachar El-Assad et puis parce qu'il y a sans doute un malaise dans une partie de la jeunesse».

A ce jour, les services français recensent 250 français ou résidents en France qui combattent en Syrie. Une centaine sont en transit pour s'y rendre, 150 ont manifesté leur volonté de s'y rendre et 76 en sont revenus, a-t-il détaillé.

Pour Manuel Valls, «ce n'est pas dans les mosquées que ces recrutements s'organisent, c'est le plus souvent sur internet». «Il n'y a pas de spécificité régionale», a martelé M. Valls, «estimant que les deux jeunes de la région toulousaine ont été «radicalisés» par des recruteurs.

«Phénomène européen»

«C'est un phénomène qui touche tous les pays d'Europe», a expliqué le ministre mais aussi «l'Australie, le Canada, les Etats-Unis et bien sur, avec une ampleur plus importante, les pays du Maghreb».

«Au-delà du sort des hommes et des mineurs qui se rendent en Syrie, le danger pour nos propres intérêts, c'est le retour. Ces individus marquent leur volonté de combattre au sein d'organisations djihadistes. Le retour est particulièrement délicat», a déclaré M. Valls.

Le ministre doit présenter une série de propositions pour faire face à ces radicalisations au président de la République. «Le phénomène m'inquiète, le mot est faible. Il représente pour moi le plus grand danger auquel nous devons faire face dans les prochaines années», a affirmé le ministre. «Nous pouvons être dépassé par ce phénomène vu l'ampleur, nous Français et Européens», a reconnu Manuel Valls.