Jérôme Cahuzac écope de trois mois d'interdiction d'exercer la médecine

POLITIQUE L'ex-ministre du Budget, qui est également chirurgien, a été sanctionné mercredi par l'Ordre des médecins pour «avoir menti à l’Assemblée nationale»...

C.P. avec AFP

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Jérôme Cahuzac lors d'une audition à l'Assemblée nationale le 23 juillet 2013.
Jérôme Cahuzac lors d'une audition à l'Assemblée nationale le 23 juillet 2013. — WITT/SIPA

Le feuilleton judiciaire de l’affaire Cahuzac se poursuit. Ce vendredi, l'Ordre départemental des médecins de Paris (CDOM) a indiqué avoir sanctionné Jérôme Cahuzac d'une interdiction d'exercer la médecine pendant six mois, dont trois avec sursis.

«Amoral»

«Il a été sanctionné pour avoir menti devant l'Assemblée nationale. Nous estimons que c'est amoral et qu'il a déconsidéré la profession de chirurgien», a déclaré à l'AFP la présidente du CDOM, Irène Kahn-Bensaude, confirmant une information de l'Agence de presse médicale (APM).

La chambre disciplinaire de première instance, composée d'un magistrat et de médecins élus, a prononcé cette sanction mercredi sur la base des articles 3 et 31 du Code de déontologie médicale, qui stipulent que «le médecin doit, en toutes circonstances, respecter les principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l'exercice de la médecine» et que «tout médecin doit s'abstenir, même en dehors de l'exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci».

Le chirurgien Cahuzac, spécialiste des implants capillaires, qui ont fait sa fortune, a désormais «un mois pour faire appel et l'appel est suspensif», a précisé Irène Kahn-Bensaude.

Nouvelle carrière dans le conseil

Cette sanction intervient plus d'un an après les révélations de Mediapart sur l'existence d'un compte bancaire en Suisse appartenant à Jérôme Cahuzac. L'affaire avait entraîné le ministre et le gouvernement dans cinq mois de tourbillon médiatique, jusqu'à sa démission puis ses aveux, le 2 avril.

L'ex-ministre du Budget a été mis en examen notamment pour fraude fiscale. Mais aussi pour «blanchiment d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la Sécurité sociale».

Les juges se penchent en effet sur ses relations avec les laboratoires quand, après avoir été conseiller technique au ministère de la Santé de 1988 à 1991, Jérôme Cahuzac a créé en 1993 son activité de consultant pour l'industrie pharmaceutique par le biais du cabinet Cahuzac Conseil.

Après avoir un temps envisagé de briguer un nouveau mandat aux municipales de mars à la tête de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), dont il a été maire de 2001 à 2012, l’ex-ministre semble avoir aujourd’hui abandonné toute ambition politique: «Il est totalement exclu qu'il se présente», avait expliqué en décembre un proche à l'AFP. Jérôme Cahuzac est davantage «centré sur sa vie privée» et a trouvé en plus un emploi «dans le conseil».