Fin de vie de Vincent Lambert: La justice dit non à l'euthanasie passive

JUSTICE Le neveu de Vincent Lambert, en état de conscience minimale depuis 1988, peut encore faire appel auprès du conseil d'Etat...

W. M. avec AFP

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Illustration hôpital.
Illustration hôpital. — GILE MICHEL/SIPA

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a suspendu la décision de l'hôpital de mettre fin à l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert

Son neveu, François, va faire appel de cette décision devant le conseil d'Etat. L'opposition de la justice à l'euthanasie passive de Vincent Lambert «risque de créer une jurisprudence fâcheuse», a déclaré à l'AFP Bruno Lorit, l'avocat de François Lambert.

Etat de conscience minimale

Vincent Lambert est tétraplégique et en état de conscience minimale depuis un acident de moto en 1988. 


Fin de vie de Vincent Lambert: début de l... par 20Minutes

Sa famille est divisée sur l'euthanasie passive décidée par le corps médical.

Remise en cause de la loi Leonetti

Le chef du service de médecine palliative du CHU de Reims a déclaré jeudi à l'AFP que «les volontés de Vincent n'ont pas été respectées».  «Je pense beaucoup à la femme de Vincent et à l'ensemble de la famille. Le tribunal suspend la décision médicale, mais le conflit familial va rester lui aussi suspendu», a déclaré le médecin.

Le tribunal a «jugé que la poursuite du traitement n'était ni inutile, ni disproportionnée et n'avait pas pour objectif le seul maintien artificiel de la vie et a donc suspendu la décision d'interrompre le traitement», explique notamment la juridiction.

«C'est une remise en cause de la loi Leonetti (sur la fin de vie, ndlr) dans sa justesse et son équilibre, ce qui en tant que citoyen m'inquiète particulièrement», a encore déclaré le Dr Kariger. «C'est à la déontologie et à la profession médicale de définir la notion d'obstination déraisonnable. Aujourd'hui, j'ai le sentiment que certains ont pris notre place», a encore commenté le médecin. «Je ne suis pas seul à décider, mais à titre personnel, j'ai l'intime conviction qu'il faut consulter le Conseil d'État vu l'ampleur des enjeux», a-t-il conclu.

Totalement aphasique

Agé de 38 ans, Vincent Lambert est hospitalisé depuis cinq ans après un accident de la circulation.

Selon le corps médical, il est totalement aphasique et dans un état pauci-relationnel (état de conscience minimale) qui permet une certaine interaction avec l'environnement par la vue notamment, sans pour autant «être sûr qu'il intègre correctement les informations sensorielles».