Corbeil-Essonnes: Garde à vue prolongée pour Jean-Pierre Bechter

ENQUETE Le maire (UMP) est en garde à vue depuis mercredi au sujet des achats de vote...

avec AFP

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Serge Dassault et Jean Pierre Bechter, lors du premier tour des elections municipales Corbeil-Essonnes, le 27 septembre 2009
Serge Dassault et Jean Pierre Bechter, lors du premier tour des elections municipales Corbeil-Essonnes, le 27 septembre 2009 — CHAMUSSY/SIPA

Six gardes à vue dans l'enquête sur les soupçons d'achat de voix à Corbeil-Essonnes, dont celle de Jean-Pierre Bechter, maire UMP de cette commune et successeur de l'industriel Serge Dassault, ont été prolongées ce jeudi matin, a-t-on appris de source judiciaire.

Ces six personnes, dont font aussi partie une adjointe à la mairie de Corbeil et l'épouse d'un autre élu, peuvent être déférées à la justice ou relâchées à l'issue de leur garde à vue, qui a démarré mercredi et peut durer 48 heures.

Bechter entendu à Nanterre

Elu en 2010, après une succession de scrutins invalidés, Jean-Pierre Bechter est entendu dans les locaux du nouvel office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales de la police judiciaire, à Nanterre.

Sont également gardés à vue un employé de Serge Dassault ainsi qu'un homme présenté comme un relais de l'industriel dans les quartiers, Younès Bounouara, qui, mis en examen et écroué pour une tentative d'assassinat, a été extrait de sa cellule.

Une semaine après le refus du Sénat de lever l'immunité

Une adjointe à la mairie de Corbeil, Cristela de Oliveira, et l'épouse de Jacques Lebigre, ancien adjoint de Serge Dassault et actuel numéro 2 de l'UMP dans l'Essonne, ont aussi été placées en garde à vue.

Ces gardes à vue interviennent une semaine après que le Sénat a refusé de lever l'immunité parlementaire de Serge Dassault, ce qui aurait permis de placer le parlementaire en garde à vue.

Les juges financiers Serge Tournaire et Guillaume Daïeff enquêtent sur des achats de voix présumés lors des municipales de 2008 à 2010. Ils se penchent notamment sur des mouvements de fonds entre la France et le Liban, particulièrement un transfert de quelque 18 millions d'euros sur le compte d'une société, Iskandia, avec comme objet l'achat d'un avion Falcon.

Quelque trois millions seraient revenus en France. De l'argent dont ils soupçonnent qu'il aurait pu servir à l'achat frauduleux de voix via deux intermédiaires présumés, Younès Bounouara et Mamadou Kebe.