Education prioritaire: Peillon veut redonner la priorité aux ZEP

C.P. avec AFP

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Le ministre de l'Education Vincent Peillon en visite dans un collège de Mantes-la-Jolie (Yvelines) le 30 août 2013.
Le ministre de l'Education Vincent Peillon en visite dans un collège de Mantes-la-Jolie (Yvelines) le 30 août 2013. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

Cibler l’argent public en priorité sur les élèves les plus défavorisés. Telle est a priorité affichée ce jeudi par Vincent Peillon avec ce nouveau plan. «C'est la grande hypocrisie française, on fait croire à ceux qui sont dans les ZEP qu'on leur donne davantage», a déclaré le ministre sur RTL. Or d'après la Cour des comptes, on dépense 50% d'argent public en plus «pour un élève du centre parisien que pour un élève de Créteil», académie la plus en difficulté.

Alors que l'éducation prioritaire concerne aujourd’hui 20% des écoliers et collégiens, l'objectif affiché est que «l'écart de performance scolaire entre ces élèves et les autres «soit réduit à 10%, il est de plus de 30% aujourd'hui», a indiqué Vincent Peillon.

«Nous mettrons l'argent public là où il est le plus efficace», a-t-il expliqué, «tout cela est programmé» dans la loi sur l'école jusqu'en 2017 et ne demande pas de dépense supplémentaire», a-t-il précisé. Au total, «300 à 400 millions» devraient ainsi être prioritairement réaffectés à ces zones.

 «Indice social unique»

Concrètement, cette relance débutera à la rentrée 2014 dans une centaine de réseaux (écoles et collèges) et sera étendue à la rentrée 2015 à 350 réseaux baptisés REP+, qui auront davantage de moyens. Au-delà de ce noyau dur, au total un millier de réseaux fera partie de l'éducation prioritaire.

Les moyens seront alloués en fonction d'un «indice social unique» qui prendra en compte la part d'élèves issus de catégories socioprofessionnelles défavorisées, la part d'élèves boursiers, celle d'élèves résidant en zones urbaines sensibles et celle d'élèves arrivés en 6ème avec au moins un an de retard.

Du temps et de l'argent pour stabiliser les équipes

Autre priorité : attirer et fidéliser les enseignants dans ces établissement réputés difficiles. Pour cela, les enseignants des 350 REP+ auront des décharges horaires pour le travail en équipe, le suivi des élèves, les relations avec les parents (1H30 de cours en moins à assurer pour les professeurs certifiés au collège et neuf jours libérés par an pour les professeurs des écoles).

Les primes spécifiques de l'éducation prioritaire seront doublées dans les réseaux les plus difficiles et augmenteront de 50% dans le reste de l'éducation prioritaire. Une indemnité supplémentaire est créée pour «les enseignants qui assument des fonctions d'intérêt collectif». Les personnels qui auront fait «une partie significative en éducation prioritaire» auront un avancement de carrière facilité.

Dans les réseaux les plus difficiles, les enseignants se verront également garantir trois jours de formation par an.

Accompagnement des élèves

Les élèves de 6ème «bénéficieront d'aides au devoir, d'un soutien méthodologique ou d'un tutorat» pendant les trous de leur emploi du temps «en étant accueillis dans l'établissement» jusqu'à 16H30.

Pour améliorer le climat scolaire, 500 Assistants de prévention et de sécurité (APS) supplémentaires seront recrutés pour prévenir les violences scolaires et participer aux gestions de crises.