Suppression d'emplois chez Aides, le secteur associatif à la peine

SOCIETE Plus de soixante emplois vont être supprimés dans la première association française de lutte contre le sida...

Audrey Chauvet

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Des salariés de l'association Aides.
Des salariés de l'association Aides. — DURAND FLORENCE/SIPA

Un coup dur. En décembre dernier, les 460 salariés de l’association Aides, la plus importante association française de lutte contre le sida, ont appris la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi impliquant la suppression de 65 postes. Une petite centaine de salariés devrait se mobiliser ce jeudi pour un débrayage visant à dénoncer «la mauvaise gestion de la direction», qui attribue pour sa part les difficultés de l’association à une baisse des financements publics.

Selon le communiqué de l’association paru en décembre, les financements  publics ont été réduits d’environ 5 à 10% depuis trois ans alors que Aides prenait en charge de plus en plus de missions de l’Etat, notamment avec l’organisation de tests rapides de dépistage du VIH. «Chaque test rapide réalisé par Aides représente un surcoût global de l'ordre de 42 euros. Sur ces 42 euros, les pouvoirs publics n'en prennent en charge que 25, le reste étant financé sur les fonds propres de l'association», écrit Aides, justifiant ainsi la nécessité de supprimer certains postes «support» pour maintenir les actions de terrain.

Cette situation de crise n’est toutefois pas exceptionnelle: d’après Didier Minot, auteur de Des associations citoyennes pour demain, le monde associatif devrait subir en 2014 «un plan social invisible de 30.000 à 40.000 emplois». En cause: la baisse des dotations aux collectivités locales dans le cadre des mesures pour lutter contre le déficit public et la concurrence des modèles s’apparentant au «social business».