Affiches, rassemblements… La Manif pour tous esquisse un retour

Enora Ollivier

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Des affiches de la «Manif pour tous» en prévision de deux rassemblements à Paris et Lyon le 2 février 2014.
Des affiches de la «Manif pour tous» en prévision de deux rassemblements à Paris et Lyon le 2 février 2014. — Capture d'écran / La Manif pour tous

Une affiche montre deux enfants face à un énorme escargot –animal connu pour être hermaphrodite. Une autre représente la silhouette d’un garçon habillé en chevalier et d’une fille avec un déguisement de fée, tous deux clamant «pas touche à nos stéréotypes de genre». Les visuels, dévoilés mardi par La Manif pour tous pour annoncer des rassemblements le 2 février, ont provoqué une déferlante de réactions, entre indignation et railleries. Et ont assuré une publicité inespérée au mouvement, qui n’entend pas ranger les armes en 2014.

Au lendemain de ce flot de commentaires sur ses affiches, Ludovine de La Rochère, la présidente de La Manif pour tous, plaide pour «l’humour». «Il y a une petite part de provocation», reconnaît-elle, «mais on voulait attirer l’attention sur des questions de fond». Ces questions, selon elle, sont celles engendrées par différents projets gouvernementaux, sur la famille ou l’égalité entre hommes et femmes.

«L’égalité des genres, un vrai sujet»

Au coeur des récriminations, figure la vaporeuse «théorie du genre» que le gouvernement est suspecté de vouloir inculquer aux élèves dès le plus jeune âge. «L’égalité des sexes, c’est un vrai sujet, mais elle ne se fait pas en gommant les différences», juge Ludovine de La Rochère, qui pointe en particulier les «ABCD de l’égalité» expérimentés dans plusieurs académies. 

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Une critique à laquelle Vincent Peillon, le ministre de l’Education nationale, a répondu lors d’une visite lundi dans une école de Villeurbanne (Rhône), qui a mis en place ce dispositif. Selon lui, «il ne s'agit pas de dire que nous nions les différences, c'est tout le contraire, nous les respectons». Son ministère et celui des Droits des femmes souhaitent, à l’aide de ce programme, faire «prendre conscience des attitudes liées aux préjugés».

L’explication ne convainc pas ceux qui, hier, défilaient contre le «mariage pour tous» et qui se sont trouvé de nouveaux combats. La loi Famille, soupçonnée notamment d’organiser la «multiparentalité» en créant «un statut du beau-parent», fait partie de ceux-là, comme la PMA, pourtant reportée, ou la GPA, interdite en France, mais contre laquelle «François Hollande devrait s’engager», énumère la présidente de La Manif pour tous. «Nous voulons alerter, et ne pas nous laisser berner», prévient-elle. Le mouvement précise qu’avec deux rassemblements à Paris et Lyon, la mobilisation du 2 février ne «sera pas nationale». Mais que des appels ont aussi été lancés pour des manifestations le même jour à Rome, Madrid, Varsovie, Bruxelles et Bucarest.