Stéréotypes filles-garçons: «Quand j'essaie de jouer à la dinette avec mon fils, il ne tient pas cinq minutes»

TÉMOIGNAGES es internautes nous expliquent comment ils contournent les stéréotypes genrés avec leurs enfants...

Christine Laemmel

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SERGE POUZET/SIPA

Se détacher des clichés filles-garçons, comme le propose Najat-Vallaud Belkacem avec ses 30 propositions pour lutter contre les préjugés, beaucoup de parents, internautes de 20 Minutes, l’ont essayé avec leur progéniture. Quitte à s’y casser les dents parfois. En cause: «l’instinct» des enfants, pour certains, «des influences extérieures», pour d’autres. Ils nous racontent leurs tentatives.

>> Vous essayez d’éduquer votre enfant loin des stéréotypes sexistes? Racontez-nous vous aussi vos réussites et vos échecs dans les commentaires ou par mail à contribution@20minutes.fr.

Fredéric, un garçon de 2 ans: «J’ai voulu acheter une poussette à mon fils, il n’y avait que du rose»

«Mon fils au parc piquait sans cesse les poussettes des autres. Ça nous a semblé naturel de lui en acheter une. Il n’y avait que du rose et des motifs connotés fille, avec des princesses, etc. Qu’il ait une poussette rose ne me dérange pas, mais qu’il n’y ait que cette couleur de prévu par les fabricants, ça me gêne un peu. On a offert une poupée parlante à sa petite copine, il a sauté dessus. On a prévu de lui en acheter une aussi. Tant qu’il s’amuse, je ne vois pas l’intérêt de lui imposer un style de jouet.»

Amandine, une fille et un garçon de 3 et 4 ans: «Quand j’essaie de jouer à la dinette avec mon fils, il ne tient pas cinq minutes»

«Tout le monde nous dit qu’on est un couple moderne. Maman travaille plus que papa et quand il faut bricoler la voiture, c’est souvent moi qui m’y colle. Les jouets sont tous regroupés à la maison. Mais d’instinct, mon garçon se dirige vers les petites voitures, ma fille côté Barbie et poney. Quand j’essaie de jouer à la dinette avec mon fils, il ne tient pas plus de cinq minutes. Même chose dans les magasins. Ma fille refuse de prendre une robe s’il n’y a pas de fleurs dessus.»

Véronique, trois garçons de 19, 17 et 14 ans: «Mon fils fait de la danse, il a attendu 10 ans avant d’inviter ses copains à ses spectacles»

«Mon deuxième fils a fait de la danse classique durant plus de dix ans. Petit, il refusait qu'on dise qu'il faisait de la danse, surtout à l'école. Il a invité des copines à voir son spectacle seulement l'année de son bac à 17 ans. Le troisième, dès 4 ans, a demandé à faire de la danse classique en voyant le spectacle de fin d'année de son frère. Certains se sont moqués de lui à l'école primaire. Il refuse toujours que ses copains et copines viennent assister à ses spectacles. Il y a encore beaucoup à faire pour lever certains tabous.»