Bertrand Delanoë: «Je suis un maire aphrodisiaque»

Jérôme Comin

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Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, le 15 janvier 2014.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, le 15 janvier 2014. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

Un dernier tour de piste. A l’occasion de sa présentation des vœux à la presse, Bertrand Delanoë en a profité pour faire un point sur l’actualité parisienne et nationale, et pour dresser un rapide bilan de ses deux mandatures à la tête de la Mairie de Paris.

L’action de François Hollande. Chantre de l'«efficacité de gauche», qui avait réuni les deux hommes dans une motion au congrès de Reims de 2008, Delanoë n'a eu de cesse de défendre la ligne de François Hollande, qui a détaillé mardi son «Pacte de responsabilité» en assumant sa ligne sociale-démocrate. «C'est un propos résolu, courageux, déterminé, a déclaré le maire de Paris. C'est une bonne nouvelle pour la France car cela peut donner de l'efficacité au service du progrès social. On ne fait pas de progrès social avec des finances publiques en miettes.» Bertrand Delanoë en a aussi profité pour louer «la recherche de compromis» du président de la République «semblable à ce qu’on trouve chez les sociaux-démocrates des pays d’Europe du nord».

L’affaire Gayet-Hollande. Si Bertrand Delanoë «trouve sain que les citoyens veuillent connaître tout de ce qui les regarde, je trouve extrêmement malsain que nous voulions tous voir tout. Il y a quelque chose qui va finir par atteindre un droit fondamental, le droit d’aimer. Déjà quand la famille se mêle de nos histoires, c’est le bordel, alors imaginez quand ce sont des millions de personnes qui le font… Dans sa vie, il faut garder un jardin secret. En plus, dans ces circonstances, il y a toujours une part de souffrance. La part de souffrance aussi doit être respectée et la part de souffrance n'a pas besoin d'excès de lumière.»

Sa plus grande réussite. «Je trouve que j'ai été un maire durant le mandat duquel les Parisiens ont été dynamiques pour faire des bébés. Je suis un maire aphrodisiaque, a glissé amusé Bertrand Delanoë. Je suis fier que Paris ait rajeuni.» Se félicitant des 16.000 familles supplémentaires qui se sont installées dans la capitale, Bertrand Delanoë a relevé aussi au passage qu’«il aura fallu un maire célibataire et sans enfant pour développer le service de la petite enfance.» Une façon de régler ses comptes avec certains opposants de la droite parisienne qui avaient douté de sa capacité à comprendre les problèmes des familles.

Son plus grand regret. S’il y a bien un point qui laisse des regrets à Bertrand Delanoë, c’est le temps mis par la Mairie de Paris à éradiquer l’habitat insalubre dans la capitale. «Nous pensions le faire en six ans mais au final, il en a fallu dix. Et entre-temps, il y a eu des incendies et des morts», a-t-il soufflé en faisant référence notamment à l’incendie de l’hôtel Paris-Opéra, qui avait fait 24 morts en avril 2005.

Son avenir. Alors que son nom est régulièrement cité à chaque rumeur de remaniement, et qu’il avait été parmi les candidats pour le ministère de la Justice en mai 2012, Bertrand Delanoë a affirmé qu'il serait «dégagé de toute perspective de pouvoir», en respectant son engagement de ne pas aller au-delà de deux mandats. Il a néanmoins glissé qu’il se considère comme un homme «engagé et libre» qui prend «un immense plaisir à se mettre au service des autres»…