VIDEO. Fin de vie: Faut-il laisser mourir Vincent Lambert?

avec AFP

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Google Maps de Reims
Google Maps de Reims — GOOGLE / Capture d'écran

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne s'est réuni mercredi matin en session plénière pour se prononcer sur la fin de vie de Vincent Lambert dont les parents s'opposent à l'euthanasie passive décidée par le corps médical en accord avec sa femme et une partie de sa famille.

«Vincent ne pourra jamais aller mieux, c'est de l'acharnement thérapeutique de le laisser vivre dans cet état, il n'aurait jamais souhaité cela», a déclaré avant l'audience François Lambert le neveu du patient tétraplégique hospitalisé au CHU de Reims depuis cinq ans en état de conscience minimale.

«Il faut laisser l'hôpital faire son travail pour que Vincent trouve la paix. C'est respecter Vincent et un acte d'amour que de le laisser partir», a-t-il poursuivi. 

«Vincent est handicapé, il n'a pas de maladie incurable»

Samedi, à l'issue de plusieurs réunions collégiales entre les médecins et les membres de la famille proche de Vincent Lambert, le docteur Eric Kariger qui dirige le service de médecine palliative du CHU de Reims avait annoncé sa décision d'arrêter prochainement les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles du patient tétraplégique, conformément à la loi Leonetti qui régit la fin de vie des malades.

Les parents, une sœur et un demi-frère de Vincent ont saisi la justice lundi par un référé-liberté pour stopper la décision médicale et obtenir le transfert de leur fils dans un autre établissement hospitalier «C'est la première fois qu'un médecin s'acharne à faire mourir un patient sous prétexte qu'il aurait déclaré à des tiers qu'il ne voulait pas vivre en état de dépendance», a déclaré juste avant l'audience Jérôme Triomphe, l'avocat des parents de Vincent Lambert.

«Vincent est handicapé, il n'a pas de maladie incurable, la loi Leonetti ne s'applique pas à son cas», a-t-il insisté. Selon le corps médical, Vincent Lambert, âgé de 38 ans, hospitalisé depuis 5 ans après un accident de la circulation, est totalement aphasique et dans un état pauci-relationnel (état de conscience minimale) qui permet une certaine interaction avec l'environnement par la vue notamment, sans pour autant «être sûr qu'il intègre correctement les informations sensorielles».

Le tribunal administratif doit rendre sa décision à l'issue de l'audience.