L'Académie de médecine alerte sur les risques du Sativex

SANTE Le médicament à base de cannabis autorisé en France pourrait exposer les patients à des risques de dépendance...

Audrey Chauvet

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Le médicament Sativex pourait être concerné par le décret paru ce vendredi 7 juin 2013
Le médicament Sativex pourait être concerné par le décret paru ce vendredi 7 juin 2013 — AP/SIPA

Le cannabis, un médicament qui ne fait pas encore l’unanimité: après l’autorisation de commercialisation du Sativex en France, l’Académie de médecine a appelé mardi à la plus grande prudence vis-à-vis de ce spray buccal à base de cannabis destiné à soulager les douleurs des malades de sclérose en plaques.

Risques de dépendance

Selon l’Académie, «les risques que fait courir le tétrahydrocannabinol / THC [un des principes actifs du cannabis] sont très nombreux, souvent graves et incompatibles avec un usage thérapeutique». L’Académie évoque notamment des effets psychiques, estimant que le THC est «un agent toxicomanogène, générateur d’une dépendance psychique et physique». Sa capacité à se stocker dans l’organisme inquiète aussi les médecins: le THC mettrait près de huit semaines à disparaître du corps, prolongeant ainsi la période de dépendance. De plus, l’Académie considère que l’effet analgésique visé par le Sativex «est de puissance moyenne, nettement inférieure à celle des analgésiques opiacés et opioïdes actuellement disponibles».

Les fabricants du Sativex assurent pour leur part qu’il ne devrait pas entraîner d’addiction, sa formule minimisant l’effet du THC. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a elle justifié son autorisation par le fait que «le Sativex a les mêmes contre-indications qu’en Europe, nous n’avons pas été plus restrictifs qu’ailleurs. Nous allons cependant surveiller de très près son utilisation afin d’éviter tout risque d’abus.» Des abus que l’Académie de médecine souligne également: «On peut craindre la multiplication de prescriptions à divers usages comme sevrer les toxicomanes, atténuer les nausées des malades traités par  chimiothérapie, rendre l’appétit aux malades atteints de sida, toutes indications largement plébiscitées dans l’opinion, mais dont il convient de rappeler qu’elles ne sont pas  étayées par des études cliniques indiscutables».