Corbeil-Essonnes: Le maire Jean-Pierre Bechter est en garde à vue

JUSTICE Pour être entendu dans une enquête sur des achats de votes présumés...

avec AFP

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Serge Dassault et Jean Pierre Bechter, lors du premier tour des elections municipales Corbeil-Essonnes, le 27 septembre 2009
Serge Dassault et Jean Pierre Bechter, lors du premier tour des elections municipales Corbeil-Essonnes, le 27 septembre 2009 — CHAMUSSY/SIPA

Le maire UMP de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, successeur et bras droit de l'industriel Serge Dassault, a été placé en garde à vue mercredi dans l'enquête sur les soupçons d'achat de votes dans les cités de cette ville de l'Essonne. Le refus du Sénat de lever l'immunité parlementaire de Serge Dassault la semaine passée ne semble pas émousser la détermination des magistrats parisiens qui s'intéressent aux municipales de 2008, 2009 et 2010.

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Le directeur de cabinet de Jean-Pierre Bechter a confirmé que «le maire de Corbeil-Essonnes a bien été convoqué par la brigade financière de Nanterre, mercredi 15 janvier à 9 heures». «C'est une satisfaction pour Jean-Pierre Bechter de pouvoir répondre aux enquêteurs, car le maire de Corbeil-Essonnes fait totalement confiance à la Justice pour établir la vérité», a-t-il ajouté.

«Instrumentalisation judiciaire»

Elu en 2010, après une succession de scrutins invalidés, Jean-Pierre Bechter est entendu dans les locaux du nouvel office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales à Nanterre. Il «est serein et soulagé de pouvoir s'expliquer sur les accusations calomnieuses dont il fait l'objet», a déclaré son avocat, Sébastien Schapira. «Il est innocent. Je rappelle que les élections de 2010 ont été surveillées par le préfet et n'ont fait l'objet d'aucun contentieux», a-t-il ajouté.

 

Plusieurs autres gardes à vue sont en cours, selon des sources proches du dossier, dont celles d'un employé de Serge Dassault et d'une adjointe à la mairie de Corbeil, Cristela de Oliveira. Les enquêteurs devraient interroger cette dernière sur le versement par Dassault de quelque 12.000 euros destinés à un financement politique dépassant le cadre légal lorsqu'elle avait affronté Manuel Valls aux législatives, selon une de ces sources.