Insee: Les principaux enseignements sur les Français région par région

ANALYSE «20 Minutes» décrypte les résultats de l’étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans les principales régions urbaines de France…

Jérôme Comin avec les rédactions locales de «20 Minutes»

— 

Illustration de Toulousains sortant du métro le 28 février 2012.
Illustration de Toulousains sortant du métro le 28 février 2012. — LANCELOT FREDERIC/SIPA

Soixante six millions de Français, et moi, et moi, et moi… Selon une étude publiée ce mardi par l’Insee, un total de 66 millions d'habitants vivaient en France métropolitaine et dans les départements d'outre-mer au 1er janvier 2014, 280.000 de plus qu'un an auparavant (+0,4%). Mais si ce bilan démographique apporte de nombreux enseignements au niveau national, il livre aussi une vision plus précise de la France au niveau régional avec toutes ses particularités. Tour d’horizon des principales régions urbaines de l’Hexagone.

L’Ile-de-France étend son influence

L'agglomération parisienne, qui abritait 10,5 millions d'habitants en 2011, a gagné chaque année près de 48.000 nouveaux habitants depuis trente ans. Le rythme de croissance de la population en Ile-de-France a été plus élevé dans la périphérie de Paris que dans la capitale. Tous les départements gagnent plusieurs milliers d’habitants par an, avec un rythme élevé en Seine-et-Marne (+15.000 habitants par an), en Essonne et dans le Val-d’Oise (+8.000 habitants chacun par an). «Les nouveaux habitants de l’agglomération sont plutôt de jeunes actifs ou des étudiants parce qu’elle offre de nombreuses formations et beaucoup d’emplois en début de carrière», explique François Clanché, chef du département démographie de l’Insee. L'influence du bassin parisien s'étend sur un rayon de 100 km autour de la capitale, au-delà même de l’Ile-de-France. «Le sud de la Picardie, l'est de la Normandie, et le nord de la région Centre profitent de l'attractivité économique du pôle parisien pour gagner des habitants», ajoute François Clanché.

L’Alsace, l’exception à l’est

Avec une population estimée à 1.861.020 habitants en Alsace au 1er janvier 2013 et une croissance démographique de 0,58% depuis trente ans, la région fait exception dans l’est de la France. Selon l’Insee, l’évolution de l’Alsace suit celle des régions frontalières allemandes et suisses, plutôt que celle des Vosges. La croissance s’est néanmoins ralentie depuis 2006 pour les aires urbaines: celle de Strasbourg, par exemple, entre dans le négatif (-0,06 %). Entre 1999 et 2009, le nombre de jeunes a légèrement diminué. Et si la fécondité et les comportements migratoires restent les mêmes, le nombre de jeunes diminuerait de 6.000 d’ici à 2030 pendant que la population alsacienne augmenterait de 160.000 habitants. À 25 ans, neuf jeunes sur dix sont actifs en Alsace.

La Bretagne reste attractive

En trente ans, la région a gagné plus de 500.000 habitants, portant le nombre de Bretons à 3,2 millions en 2011. Huitième région la plus dynamique (+19%), la Bretagne profite de son attractivité auprès des jeunes familles et d’un taux de fécondité élevé mais aussi d’un marché de l’emploi relativement épargné par la crise (avant 2011). A noter que les aires urbaines de Rennes et Vannes (40 km autour environ) ont capté 50% des nouveaux arrivants, qui s’installent bien souvent en périphérie des grandes villes, chassés pas les prix de l’immobilier et le manque de foncier.

Le Rhône-Alpes affiche sa bonne santé

La région enregistre la plus forte augmentation de population après l’Ile-de-France. Entre 2006 et 2011, la deuxième région la plus peuplée de France (6,280 millions d’habitants) a gagné 52.000 habitants par an (+0,9%) contre 42.000 entre 2002 et 2006. Une croissance démographique rapide tirée, selon l’institut régional, par le solde naturel (naissances vs décès) et le solde migratoire (départs vs arrivées). «Cette bonne santé démographique s’explique par l’attractivité de la région, qui malgré la crise, reste très dynamique sur le plan économique. Et les populations vont là où il y a de l’emploi», détaille l’Insee.

Démographie en baisse dans le Nord-Pas-de-Calais

On continue à faire plus de bébés dans le Nord-Pas-de-Calais qu’ailleurs en France, mais arrivés à l’âge adulte, ils ont tendance à quitter la région. Le nombre d’habitants reste  à peu près à l’équilibre (+0,1% par an): 4,042 millions au 1er janvier 2011. Dans les années à venir, le poids démographique de la région dans la population française risque donc encore de baisser. Maubeuge et Dunkerque sont les deux agglomérations françaises qui ont perdu le plus habitants entre 2006 et 2011. Par ailleurs, le phénomène de périurbanisation s’accentue, notamment autour de Lille.

Toulouse se distingue en Midi-Pyrénées

Entre 1982 et 2011, Midi-Pyrénées a gagné 580.000 habitants, dont plus de la moitié dans l’agglomération toulousaine. «Avec 100.000 habitants de plus en trente ans, la Ville rose est la commune de France qui connaît la plus forte hausse absolue de population (+0,9%/an), devant Lyon et Paris», relève Bernard Nozières, de l’Insee Midi-Pyrénées. Si cette tendance perdure dans les années à venir, Toulouse pourrait d’ici trente ans avoir plus d’habitants que Lyon intramuros et monter sur le podium des plus grandes villes de France.

L’Aquitaine supérieure à la moyenne

Environ 3,2 millions de personnes vivent en Aquitaine. En trente ans, la région, très attractive, a gagné 600.000 habitants, soit une progression de 0,7%, supérieure à celle observée au niveau national. Les actifs ayant un emploi représentent 63,6% de la population âgée de 15 à 64 ans. En 2012, l’âge moyen de la population s’élève à 42 ans et plus d’un quart des Aquitains ont au moins 60 ans. En 2040, si les tendances se maintiennent, on pourrait dénombrer 3,9 millions d’Aquitains.

La Paca moins attractive

En 30 ans, la région a gagné 950.000 habitants (soit 4.916.069 habitants, en 2011). Mais cette hausse s'est ralenti sur les dernières années, selon l'Insee qui indique que « l’attractivité de la région s’est érodée ». Et c'est notamment la population des pôles urbains qui progresse le moins vite, à cause peut-être des prix élevés de l'immobilier, selon l'institut qui évoque un phénomène de «périurbanisation». D'ici à 2040, la croissance démographique pourrait continuer encore à ralentir en Paca, d'après les projections de l'Insee. La population s’établirait alors à 5 589 000 habitants.

Plus belle la vie en Pays de La Loire

La population continue de fortement augmenter (+30.000 personnes par an) pour atteindre 3,6 millions d’habitants au 1er janvier 2011. Cette croissance, qui place la région au 5e rang français, s’explique par des naissances nombreuses (fécondité la plus élevée de France), par l’attractivité économique de la métropole nantaise, mais aussi par l’attirance des seniors pour le littoral vendéen. Un dynamisme qui, s’il s’accompagne d’un taux de chômage parmi les plus bas de France, pose toutefois des problématiques d’accès aux logements et de transports publics, en particulier dans l’aire urbaine nantaise. D’ici à 2040, les Pays de la Loire pourraient encore gagner 900.000 habitants selon les projections de l’Insee, soit la troisième croissance des régions françaises.