Une centaine de surveillants bloquent la prison de Rennes

avec AFP

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Illustration prison.
Illustration prison. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Une «centaine» de surveillants du grand Ouest bloquaient ce mardi matin l'accès au centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, dans le cadre d'un mouvement national tournant destiné à réclamer de meilleures conditions de sécurité dans les prisons, a-t-on appris auprès de l'intersyndicale FO-SPS-CFTC.

«Depuis 6h on bloque tout. On n'a laissé passer qu'un médecin, une infirmière et un cuisinier» a déclaré à l'AFP Emmanuel Baudin, secrétaire interrégional FO, au nom de l'intersyndicale. Selon lui, «une centaine» de surveillants de Bretagne, des Pays de la Loire et de Basse-Normandie participaient, «sur leur temps de repos», à cette action symbolique, dans l'attente d'être délogés par les gendarmes mobiles.

Incidents graves

Les trois syndicats réclament des «états généraux de la prison» et une réforme de la loi pénitentiaire de 2009 qui, en assouplissant les conditions de détention, a selon eux «donné les pouvoir aux détenus dans les prisons». «On a cru acheter la paix sociale dans les prisons mais c'est un échec, comme en témoigne la multiplication des agressions de personnels», a déclaré Emmanuel Baudin.

Lundi encore, un détenu a pris en otage durant environ six heures une psychologue à la prison de Toul (Meurthe-et-Moselle) et, dans l'Ouest, plusieurs incidents graves se sont produits depuis un mois à la centrale d'Alençon/Condé-sur-Sarthe, a-t-il rappelé. FO-SPS-CFTC réclament notamment le rétablissement des fouilles à corps systématiques des détenus et davantage de moyens humains via des «recrutements massifs».

«On ne gère plus l'intérieur des établissements, ce sont les détenus qui mènent la danse. Et la loi Taubira ne fait qu'accentuer le phénomène initié par la loi pénitentiaire de 2009», souligne Emmanuel Baudin. «Les surveillants de prison ont une espérance de vie de 62 ans, la plus basse de la fonction publique, et le taux de divorces le plus élevé. Il faut voir où se situe réellement le problème», a-t-il ajouté.