Nouvelle hausse du prix du tabac: La consommation des Français va-t-elle diminuer?

SANTÉ es augmentations successives des prix en seraient la raison principale du déclin de ventes de cigarettes en France…

Bertrand de Volontat

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Enseigne tabac.Logo Carotte
Enseigne tabac.Logo Carotte — ALEXANDRE GELEBART / 20 MINUTES

Le porte-monnaie des 13,4 millions de fumeurs réguliers en France (selon les chiffres de 2012 de l’OFDT) est à nouveau visé. Selon un décret publié ce samedi au Journal officiel, le prix du tabac a augmenté ce lundi de 20 centimes pour les cigarettes et de 50 centimes pour le tabac à rouler. Les fabricants ont souhaité une hausse permettant de répercuter le relèvement de la TVA et l'augmentation de la part qui revient aux buralistes. Cette hausse fait notamment passer le prix du paquet le plus vendu, Marlboro, à 7 euros et le paquet le moins cher à 6,50 euros. 80% du prix du tabac est constitué de taxes, 8,74% reviennent aux buralistes et le solde aux fabricants. De quoi inciter les Français à moins fumer?

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Le meilleur argument, c’est le prix

Il s'agit de la troisième augmentation en 15 mois. Les prix avaient déjà été revalorisés de 20 centimes en juillet et de 40 centimes en octobre 2012. Ce qui semble faire chuter la consommation. D’après l’observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), les ventes de cigarettes en France ont baissé d'environ 7,5% en volume en 2013. « Le meilleur argument pour faire pression sur la consommation reste le prix, assure Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction, interrogé par 20 Minutes. Cela a fait ses preuves par le passé.»

En effet, le nombre d’unités vendues est en baisse, à 51,5 milliards en 2012 contre 80,2 dix ans plus tôt et de 97,1 milliards d'unités en 1991. « Les hausses successives des prix en sont la raison principale, dans un contexte général de lutte contre le tabagisme, comme les campagnes d'information ou les avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes», poursuit l’OFDT. 

La hausse des prix doit dissuader les nouveaux fumeurs

«Les travaux montrent que le prix permet de faire diminuer l’usage, affirme Jean-Pierre Couteron. Dans des zones frontalières, les résultats sont différents. Ce n’est jamais parfait, car il y a des effets de déplacement, de marché noir et d’adaptation de la part du consommateur.» Toujours selon l’OFDT, en réaction à ces augmentations, les ventes de scaferlatis -tabac traditionnel, à pipe et à rouler- ont augmenté (+21,8% entre 2004 et 2012 pour le tabac à rouler), ce type de produit étant meilleur marché, bien qu'il subisse des hausses de prix plus fortes que les cigarettes.

«L’augmentation du prix tend surtout à limiter l’arrivée de nouveaux entrants sur le marché du tabac, précise Jean-Pierre Couteron. Il faut lutter contre la banalisation de la cigarette et avoir un message public clair: ce produit est cher et les avantages dont on en tire sont limités.» Selon l’OFDT fin 2012, quatre Français sur dix considéraient que le tabac est dangereux dès l’expérimentation, une proportion ayant doublé depuis 1999. Preuve que le message sur les effets du tabac sur notre santé fait son chemin.