Yvelines: Un faux architecte devant le tribunal de Versailles ce lundi

Oihana Gabriel

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Le Tribunal de grande instance de Versailles, le 18 avril 2013.
Le Tribunal de grande instance de Versailles, le 18 avril 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«Sincèrement, j'ai fauté, mais je pense que j'ai toujours donné satisfaction. Cependant, j'ai passé vingt-cinq ans dans un stress certain et une certaine forme de frustration», avouait Philippe Leblanc au Parisien en avril 2013. L’homme doit répondre devant la juste lundi pour avoir exercé le métier d’architecte sans avoir obtenu le diplôme.

Tout débute en mars 2012, quand un client du supposé architecte mécontent cherche son nom à l’ordre des architectes… sans succès. L’homme de 58 ans est déféré en mars 2013. Mais après le report de son procès, ce n’est que lundi 13 janvier 2014 qu’il comparaît devant le tribunal de Versailles (Yvelines) pour exercice illégal du métier d'architecte.

Un maître d’œuvre qui n’a pas fini ses études

Le suspect, qui n’avait pas achevé son cursus pour devenir architecte a pourtant réussi à construire de nombreux bâtiments, notamment des écoles, un collège à Limay et une polyclinique à Mantes-la-Jolie. Dans cette interview, il revient sur son passé et minimise son mensonge: il a bien suivi des études pour devenir architecte, mais s'est arrêté à la licence. Pour pouvoir exercer en son nom comme maître d'œuvre, il aurait dû poursuivre encore trois ans. «J'ai commencé mes études en 1973, explique l'homme au Parisien. J'ai suivi un cursus jusqu'en 1978 puis progressivement j'ai consacré beaucoup plus de temps au travail qu'aux études et je n'ai jamais pris le temps d'achever mon diplôme.» Si l’homme a exercé depuis 1983 ce métier en mentant sur son cursus, il n’est poursuivi que pour avoir illégalement répondu à plusieurs dizaines de marchés entre 2009 et 2013 pour un montant de 926.000 euros, des faits pas encore prescrits. Mais l’homme se défend d’être un «délinquant en col blanc».

En 2013, le juge de la détention et des libertés avait prononcé la confiscation de son patrimoine illégalement acquis, notamment sa maison.