Accident ferroviaire de Brétigny: Le rapport d'enquête met en cause qualité des surveillances visuelles et boulonnage

ACCIDENT Le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre a rendu son premier rapport ce vendredi...

A.Ch. avec AFP

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Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents de  la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des aiguillages  des voies ferrées après l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge.
Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents de la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des aiguillages des voies ferrées après l’accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), qui rend vendredi un premier rapport sur le déraillement de Brétigny-sur-Orge (Essonne), ne fait pas état de défaut de maintenance, mais met en cause notamment la qualité des tournées visuelles de surveillance et le boulonnage sur les voies.

Selon le BEA, «la moindre attention accordée aux anomalies affectant la boulonnerie par rapport à d'autres défauts des appareils de voie qui sont considérés comme plus critiques (...) a pu contribuer à ce que (l'absence de l'un des boulons) ne soit pas détectée».

Des recommandations pour éviter d'autres accidents

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a demandé à la SNCF et à RFF de mettre en œuvre les recommandations du BEA-TT : «améliorer la maîtrise des assemblages boulonnés des appareils de voie, mieux détecter et corriger les défaillances de la boulonnerie et adapter davantage leur planning de maintenance à la sollicitation de l’installation».

Les juges d’instruction d’Evry, saisis dans le cadre d'une information pour homicide et blessures involontaires, devraient pouvoir s’appuyer sur ce rapport pour établir les responsabilités respectives. Mais la gestion commune par la SNCF et RFF des voies de chemins de fer, caractérisée par de nombreuses délégations et prestations croisées, risque de compliquer l’indemnisation des victimes. L’avocat des parties civiles a dit «n'avoir qu'une confiance modérée» dans les conclusions de ce rapport, craignant que «les services de l'Etat se serrent les coudes pour protéger la SNCF». La SNCF a pour sa part indiqué «avoir produit et mis sur la table» tout ce qu’elle savait dans le cadre de ce rapport.