Dieudonné: L'interdiction du spectacle déclenche la colère des spectateurs nantais

REPORTAGE Près de 6.000 billets avaient été vendus pour le spectacle de Dieudonné au Zénith de Nantes, avant que le spectacle soit finalement interdit...

A Nantes, Frédéric Brenon et Julie Urbach

— 

Des spectateurs font face aux CRS devant le Zénith de Nantes, le 9 janvier 2014, après l'annulation du spectacle de Dieudonné.
Des spectateurs font face aux CRS devant le Zénith de Nantes, le 9 janvier 2014, après l'annulation du spectacle de Dieudonné. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

L’annonce est finalement tombée à 18h45: le spectacle de Dieudonné prévu jeudi soir au Zénith de Nantes n’aura pas lieu. Le Conseil d’Etat a eu le dernier mot: établissant le risque de «trouble à l’ordre public», et celui que des propos portant atteinte à la dignité humaine soient tenus, la haute juridiction administrative a donné raison au ministère de l’Intérieur, qui l’avait saisie en urgence quelques heures plus tôt.

Car si le spectacle «Le Mur» était encore annulé jeudi matin, par un arrêté préfectoral, il avait ensuite été autorisé par le tribunal administratif en début d’après-midi. Celui-ci avançait que le one-man show n’avait pas pour «objet essentiel de porter atteinte à la dignité humaine».

«Honte pour la France»

Devant le Zénith, où près de 6.000 billets avaient été vendus, la nouvelle, annoncée au mégaphone à seulement quelques minutes de l’ouverture des grilles, a d’abord été accueillie avec incompréhension. Puis, à mesure que la foule grossissait devant les portes closes, encadrée par un important dispositif de sécurité, la colère s’est fait entendre. Les fans alternaient des chants anti-Valls et des «libérez Dieudonné».

>> Manuel Valls grand gagnant du duel avec Dieudonné

«On se moque de milliers de spectateurs juste pour faire de la politique, c’est lamentable», s’énerve Vincent, qui a fait 60km pour venir. Charlotte continue: «Ce soir j’ai honte, honte pour cette justice soumise au pouvoir. Honte pour cette France qui oublie sa liberté d’expression.»

Sur le parvis, la foule est restée pendant plus de deux heures, espérant une apparition de l’humoriste. Un appel au calme a finalement été lancé par la production, et par Dieudonné sur Facebook, incitant les spectateurs à rentrer chez eux.

En début de soirée, l’un des avocats de Dieudonné, Me Jacques Verdier, a indiqué que des recours seront déposés ville par ville, contre tous les arrêtés préfectoraux interdisant le spectacle de son client.