Les 5 solutions de Peillon pour lutter contre le décrochage scolaire

Delphine Bancaud
— 
Vincent Peillon, ministre de l'Education lors du séminaire de lutte contre le décrochage scolaire le 8 janvier 2013.
Vincent Peillon, ministre de l'Education lors du séminaire de lutte contre le décrochage scolaire le 8 janvier 2013. — THOMAS SAMSON / AFP

«C’est un drame pour les enfants et la nation», a martelé ce mercredi Vincent Peillon en évoquant le décrochage scolaire lors d’un séminaire consacré à cette thématique. Car environ 140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans diplôme. Poursuivant l’objectif fixé par François Hollande de diviser par deux le nombre de décrocheurs pendant le quinquennat, le ministre souhaite «raccrocher» 25.000 jeunes ayant quitté le système scolaire sans qualification en 2014, après avoir dépassé l'objectif de 20.000 l'année dernière. 20 Minutes détaille l’arsenal sur lequel il s’appuiera dans cette lutte.

1 Recourir au service civique

Le service civique permet à des jeunes décrocheurs d’acquérir une expérience dans le monde associatif en effectuant une mission d’intérêt général, qui les valorise. En 2013, 3.500 décrocheurs ont ainsi effectué un service civique. Parmi eux, 176 ont opté pour une formule combinée qui permet d’effectuer un service civique tout en bénéficiant d’un temps en établissement scolaire comprenant une remise à niveau et des activités de découvertes sur les filières de formation. «Le service civique leur permet de construire un projet individuel, qui bien souvent les aide à retourner vers la formation ensuite. Cette année, 5.000 missions leur seront réservées», a indiqué à 20 Minutes le nouveau président de l'Agence du service civique, François Chérèque.

2 Ramener les jeunes vers une formation classique

Les 360 plateformes de suivi des décrocheurs identifient ceux qui sont prêts à retourner directement sur les bancs de l’école. En 2013, 20.000 ont ainsi repris un cursus. Parmi eux, 880 jeunes ont signé un contrat d’apprentissage car la formation en alternance, plus concrète, est un facteur de motivation de ces jeunes. 

3 S’appuyer sur les établissements de la seconde chance

Les écoles de la seconde chance et les micro-lycées sont destinés aux jeunes qui ont besoin de revoir les fondamentaux et de réapprendre le «métier d’élève». Des pédagogies différenciées qui ont fait leurs preuves. D’ailleurs, ces établissements ont apporté une solution à 2.600 jeunes en 2013. L’ouverture d’un micro-lycée à Paris à la rentrée 2013 devrait encore offrir de nouvelles opportunités. 

4 Solliciter la Mission de lutte contre le décrochage

Pour ceux qui ne sont pas prêts à retourner dans un établissement classique, la Mission de lutte contre le décrochage scolaire propose un «parcours de retour en formation». Il peut prendre la forme d’une préparation spécifique au baccalauréat ou au diplôme qu’ils n’ont pas obtenu, d’un stage de remotivation pour un retour en formation, d’un accompagnement personnalisé pour trouver un emploi. En 2013, 10.800 jeunes ont bénéficié d’une de ces solutions.

5 Travailler en amont pour prévenir le décrochage

Le problème du décrochage est protéiforme. Vincent Peillon sait donc qu’il va devoir agir tous azimuts pour l’endiguer. «Il faut à la fois réformer l’éducation prioritaire et les programmes scolaires, limiter les redoublements, lutter contre l'absentéisme et contre l'orientation subie, valoriser la filière professionnelle et revoir le système de notation des élèves pour qu’il permette d’encourager l’élève au lieu  le punir», a-t-il expliqué ce mercredi. Depuis la rentrée 2013, des référents décrochage scolaire ont également été nommés dans les établissements du second degré à fort taux d’absentéisme afin de se mobiliser dès les premiers signes d’un risque d’abandon de l’école.