Oradour-sur-Glane: «Il ne devrait pas y avoir d’autres interpellations»

Vincent Vantighem

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Le village d'Oradour-sur-Glane.
Le village d'Oradour-sur-Glane. — CHAUVEAU NICOLAS/SIPA

«Il ne devrait pas y avoir d’autres interpellations dans le cadre de l’enquête sur le massacre d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne)», a confié, mercredi, une source proche du dossier à 20 Minutes. L’octogénaire allemand de 88 ans que le tribunal de Cologne (Allemagne) vient d’inculper pour sa participation au massacre d’Oradour devrait donc être le seul.

L’enquête menée depuis un an en Allemagne avait permis d’identifier six personnes qui auraient pu être impliquées dans le massacre de 642 civils en 1944. «Mais il n’y a quasiment plus de survivants, indique notre source. Je pense qu’il n’y aura pas d’autres arrestations. Sinon, les enquêteurs allemands auraient annoncé la totalité des arrestations d’un coup.»

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Entraide pénale internationale

Agé de 88 ans, l’homme inculpé outre-Rhin est accusé d'avoir personnellement tué 25 personnes et d'être «complice du meurtre de plusieurs centaines» d'autres lors des exactions commises par des SS durant la Seconde Guerre mondiale, a précisé le tribunal dans un communiqué. Il s'agit du plus important massacre de civils perpétré en France par les armées allemandes.

Pour remonter jusqu’à lui, les enquêteurs allemands avaient ouvert une procédure en janvier 2013. Se faisant, ils avaient sollicité l’aide de la France, au titre de l’Aide pénale internationale. Dirigée depuis Paris par Aurélia Devos, vice-procureur et chef du pôle «crimes contre l’humanité» du parquet de Paris, l’enquête s’était articulée autour de visites sur les lieux du drame, conservés depuis 1944, et l’audition de plusieurs rescapés. «Il y a des relevés topographiques, des recherches d’archives et de nombreuses photographies prises sur place pour remonter la piste», confirme notre source.

Une rescapée: «Il faut faire toute la lumière»

Reste à savoir si 70 ans après les faits, il pourrait y avoir un procès pour cet octogénaire allemand de 88 ans. Si tel était le cas, ce procès se déroulerait alors en Allemagne car c’est à Cologne que l’enquête a officiellement été lancée. «Les derniers rescapés seraient alors sans doute invités à témoigner», conclut notre source.

Contactée par 20 Minutes il y a un an, Camille Senon, l’une d’entre eux, en avait d’ailleurs pris l’engagement dans nos colonnes. «Pour le devoir de mémoire, il faut faire toute la lumière sur ce crime de guerre qui est, pour moi, un crime contre l’humanité.»