Le leader du mouvement Hollande-démission en correctionnelle ce mercredi

William Molinié

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David Hemelryck devant les CRS le 11 novembre 2013.
David Hemelryck devant les CRS le 11 novembre 2013. — LCHAM/SIPA

Il avait distribué 150 sifflets le 14 juillet et poussé les gens à huer François Hollande lors de la commémoration du 11 novembre sur les Champs-Elysées (8e). David Van Hemelryck comparaît ce mercredi après-midi devant la 10e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris pour «organisation de manifestation non déclarée». Le leader du mouvement de contestation «Hollande-démission» doit répondre de ce délit pour les faits du défilé du 11 novembre mais aussi pour avoir, le 30 du même mois, déployé une banderole au Trocadéro. 

«Le 11 novembre, ça n’a jamais été une manifestation. Les gens étaient venus spontanément, à l’appel d’aucune organisation, pour exprimer leur colère, insiste Martine Baheux, l’avocate du farouche opposant au chef de l’Etat. Quant au 30 novembre, il s’apprêtait à participer à une manifestation autorisée. Seulement, sur la route, il s’est arrêté au Trocadéro avec des amis pour prendre en photo sa banderole. C’est à ce moment-là qu’il s’est fait arrêter.»

Enquête à l’IGPN

Placé en garde à vue avec deux autres amis, David Van Hemelryck se voit confisquer sa banderole. «C’est incompréhensible. Dans une démocratie, il y a des règles. Saisir un bien et le détruire ne peut être ordonné que si c’est dangereux», s’étonne Me Baheux qui déposera plainte ce mardi à l’issue de l’audience pour vols et atteinte à la liberté d’expression.

Une autre enquête est en cours, cette fois à l’inspection générale de la police nationale (IGPN), pour la confiscation sur le périphérique de son véhicule lardé de slogans «Hollande-démission», le 13 novembre alors qu’il sortait de garde à vue. «Des ordres ont été passés aux policiers sur les ondes pour stopper ma voiture. Je veux poursuivre les donneurs d’ordre, pas les exécutants», précise-t-il. Finalement, il sera poursuivi pour publicité sur une voie non autorisée.

Pas de programme clair

L’organisateur du rassemblement qui a perturbé la commémoration du 11 novembre n’en est pas à son premier coup d’éclat. Bien qu’arrivé tardivement sur la scène militante, ce jeune polytechnicien de 34 ans s’est révélé lors des manifestations contre le mariage homosexuel, dégoûté, dit-il, par la «répression policière» lors des débordements avec les forces de l’ordre.

>> A lire sur 20 Minutes: Le portrait de David Van Hemelryck…

Organisateur d’un «camping pour tous», il y dénonce les «arrestations arbitraires». Il rejoint ensuite tous les mouvements qui sont opposés à la politique du Président. Pigeons, Bonnets rouges, Ecorchés, Printemps français… Sans véritable programme alternatif, mais refusant d’être catalogué d’extrême-droite à côté de qui il se retrouve dans les manifestations, il garde un seul objectif en tête, la démission de François Hollande.