Hollande: Valls nommé à Beauvau pour son «efficacité», pas pour son ralliement

POLITIQUE Le président évoque le ministre de l'Intérieur dans un ouvrage...

avec AFP

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Manuel Valls, le 6 janvier 2014, en déplacement en Seine-Saint-Denis.
Manuel Valls, le 6 janvier 2014, en déplacement en Seine-Saint-Denis. — Alexandre Gelebart / 20 Minutes

François Hollande évoque, dans un ouvrage consacré à Manuel Valls, ses rapports avec le ministre de l'Intérieur, qui a été nommé à Beauvau non pas pour son ralliement après la primaire socialiste mais pour son «efficacité» et sa «connaissance» des dossiers.

«Avant la campagne présidentielle, Valls ne faisait pas partie de mes proches, d'un point de vue politique ou amical, ce n'est qu'à cette occasion que nous nous sommes mieux connus et appréciés», rapporte le chef de l'Etat dans «Valls, à l'intérieur» (éd. Robert Laffont), écrit par les journalistes du Monde Laurent Borredon et David Revault d'Allonnes. «Ce ne sont ni son score à la primaire ni son ralliement qui justifiaient sa nomination dans ce ministère», explique-t-il. «C'est son attitude pendant la campagne et sa connaissance des questions de sécurité publique comme son expérience de maire d'Evry. Pas seulement sa fidélité, mais son efficacité», décrit M. Hollande.

Le référendum sur le projet de Constitution européenne en 2005 avait notamment marqué un net refroidissement entre les deux hommes, selon les bonnes feuilles du livre, publié mercredi par L'Express. «Il ne me faisait plus confiance», témoigne Manuel Valls, partisan du «non», au sujet de l'ex-Premier secrétaire du PS, qui lui faisait campagne pour le «oui». M. Hollande était alors devenu «très distant», ajoute le ministre. Les deux hommes se sont rapprochés durant la campagne de François Hollande, dont Manuel Valls, arrivé cinquième à la primaire socialiste de 2011, dirigeait la communication.

Nouveaux rapports

Le président de la République se montrerait toutefois plus méfiant depuis que Manuel Valls est devenu le ministre le plus populaire du gouvernement. Des membres de la majorité, sous couvert d'anonymat, décrivent ces nouveaux rapports entre les deux hommes. «Son influence s'est atténuée. Le président consulte maintenant de façon plus diversifiée et prend plus de recul», explique une «ministre importante».

Le ministre de l'Intérieur, successeur potentiel de Jean-Marc Ayrault à Matignon, «a été le chouchou du président en début de quinquennat, il l'est un peu moins», ajoute «un des vieux compagnons de Hollande». «Pendant la campagne ou la période de l'installation, ça allait. Mais quand il a pris ses aises, Hollande a compris que l'autre l'enfermait dans cette relation. Et il a essayé d'en sortir», ajoute-t-il. Manuel Valls l'a d'ailleurs confié à des proches, selon les deux journalistes: «Le regard de Hollande sur moi a changé».