Service civique : «L’objectif fixé par François Hollande pour 2017 sera largement atteint»

INTERVIEW François Chérèque a pris la présidence de l'Agence du service civique le 1er janvier 2014 et annonce ses projets de développement…

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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François Chérèque, le 28 novembre 2012.
François Chérèque, le 28 novembre 2012. — MIGUEL MEDINA / AFP

L’ancien leader de la CFDT a pris ses fonctions le 1er janvier en tant que président de l'Agence du service civique. Il détaille sa feuille de route pour donner des ailes à ce dispositif.

François Hollande, s'est fixé comme objectif d'ouvrir le service civique à 15% d'une classe d'âge, soit 100.000 jeunes d’ici à 2017, est-ce réalisable?

Depuis la création du dispositif en 2010, 60.000 services civiques ont été signés. En 2014, le dispositif va monter en charge car nous vison 35.000 contrats signés, soit 15% de plus qu’en 2013. Si l’effort perdure dans les prochaines années, l’objectif fixé par François Hollande pour 2017 sera largement atteint.

La qualité des missions confiées aux jeunes a-t-elle progressé ces dernières années?

La démarche s’est professionnalisée avec le temps et nous avons effectué un gros travail d’évaluation des missions confiées aux jeunes. Chaque année, nous contrôlons 20% des engagements confiés parles organismes accueillants des volontaires (ONG, associations, secteur public...). Cela a parfois généré des retraits d’agréments pour certains organismes. Car le service civique ne doit pas remplacer des emplois.

Comment faire en sorte que le service civique bénéficie davantage aux jeunes des quartiers?

Seulement 17% des volontaires en 2013 étaient issus de ces quartiers. C’est trop peu et nous nous sommes fixés un objectif de 25% de jeunes issus des quartiers parmi les volontaires de 2014. Pour ce faire, nous allons agréer davantage d’organismes pouvant accueillir des volontaires dans les quartiers et inciter les structures qui sont déjà actives à en recruter davantage. Car le service civique permet aux jeunes de développer leur réseau et de valoriser leur engagement auprès des entreprises.

Vous allez aussi développer le dispositif auprès des décrocheurs…

Oui, car le service civique leur permet de construire un projet individuel, qui bien souvent les aide à  retourner vers la formation ensuite. Cette année, 5.000 missions leur seront réservées.

Pour l’heure, les missions à l’étranger demeurent rares, comptez-vous les développer?

Oui, car en 2013, 350 missions ont été effectuées à l’étranger. Nous comptons mobiliser les organismes à ce sujet, mais c’est plus compliqué car ces missions requièrent davantage de moyens.

Comment comptez-vous aider les jeunes à mieux valoriser leur service civique dans leur parcours professionnel?

Nous avons mené un travail auprès des DRH pour les sensibiliser à l’intérêt de ce dispositif. Nous devons le poursuivre. Nous allons aussi former les jeunes à mieux valoriser cette expérience dans leur CV ainsi que lors de leurs entretiens d’embauche.