L’affaire Leonarda de retour devant la justice

Vincent Vantighem

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Leonarda Dibrani, à Mitrovica (Kosovo) où elle a été expulsée avec sa famille au début du mois. Le 19 octobre 2013.
Leonarda Dibrani, à Mitrovica (Kosovo) où elle a été expulsée avec sa famille au début du mois. Le 19 octobre 2013. — PLAVEVSKI ALEKSANDAR/SIPA

«Je veux dire solennellement à la France qu’elle n’aura plus qu’à envoyer des fleurs au Kosovo. C’est simple. On va tous se tuer!» Dans les colonnes du Figaro, lundi, Leonarda n’a pas été dans la demi-mesure pour mettre la pression sur les autorités judiciaires et françaises. Le moment n’est pas choisi au hasard. Ce mardi, le tribunal administratif de Besançon (Doubs) doit examiner le recours déposé par ses parents, en vue d’obtenir un titre de séjour en France.

Renvoyée avec ses parents au Kosovo le 9 octobre, Leonarda Dibrani avait créé une polémique en France car elle avait été prise en charge par la police à la descente d’un bus scolaire alors qu’elle participait à une sortie pédagogique. Face au tollé provoqué, François Hollande avait lui-même pris la parole pour proposer à Leonarda «et à elle seule» de rentrer en France, ce que la jeune collégienne rom kosovare avait refusé.

Le mensonge des Dibrani sur le lieu de naissance

Ce mardi matin, les parents Dibrani réclameront donc à la justice française l’obtention d’un titre de séjour «vie privée et familiale» et, par voie de conséquence, l’annulation de l’obligation de quitter le territoire à laquelle ils ont été soumis en octobre dernier.

Leur avocate, Brigitte Bertin, fera valoir durant l’audience que six enfants du couple sont nés en Italie et un en France et non pas au Kosovo où ils ont été renvoyés. Le père de Leonarda, Resat Dibrani, avait en effet affirmé avoir menti aux autorités française sur le lieu de naissance de ses enfants afin qu’ils soient accueillis en France.

La question de la scolarisation

L’avocate devrait aussi mettre en avant la scolarisation des enfants pour tenter d’emporter la conviction du tribunal administratif. «Sur le plan de leur scolarisation sur le territoire français, ils avaient acquis une certaine stabilité conforme à leur intérêt qu’ils ne retrouveront pas au Kosovo», a-t-elle expliqué à l’Agence France Presse.

Un argument que balaie d’un revers de main Yves Claisse, avocat du préfet du Doubs dans cette affaire. «Il n’y a pas eu de réelle scolarisation des enfants» ni «de réelle volonté de s’intégrer dans la société française», assure-t-il pour sa part.

La décision du tribunal administratif devrait être mise en délibéré durant deux à trois semaines. En attendant, Leonarda devrait continuer à passer ses journées au Kosovo «à dormir et à regarder la télévision française», comme elle a assuré au Figaro le faire depuis son expulsion.