SNCF: Des petits prix pour regonfler la cote du TGV

TRANSPORTS La SNCF propose des billets à partir de 29 euros, alors que la fréquentation du train à grande vitesse s’essouffle légèrement…

Mathieu Gruel

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Un TGV entre Nantes et Angers, le 25 novembre 2013
Un TGV entre Nantes et Angers, le 25 novembre 2013 — 20 MINUTES/SIPA

C'est déjà les soldes à la SNCF. A partir de ce mardi, la société de transports propose quelque 500.000 billets à prix attractifs. Ces «14 jours TGV», comme l'annonce le site voyages-sncf, doivent permettre de partir dès 29 euros, pour des voyages effectués entre le 10 janvier et le 13 février.

L'offre, valable jusqu'au 20 janvier, devrait bien évidemment donner un coup de pouce aux ventes, dans une période de trafic un peu moins dense après les vacances de fin d'année. Et dans un contexte un peu morose.

Car si les chiffres de 2013 ne seront pas connus avant mars, précise-t-on du côté de SNCF Voyages, le trafic des lignes TGV semble toutefois en recul. Au premier semestre 2013, la fréquentation était ainsi en retard de 1%, après avoir subi une baisse de 0,5% en 2012.

Essoufflement du TGV

Des performances en demi-teinte, qui pourraient s'expliquer en partie par les mauvaises conditions météo rencontrées au printemps, et les accidents ferroviaires de Brétigny-sur-Orge (Essonne) et de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne.

Mais s’il y a bien «un essoufflement économique récent du TGV», reconnaît Jean Lenoir, vice-président de la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports (Fnaut), «ce mode de transport n'est pas mal-aimé pour autant». La fin annoncée du modèle ne serait donc pas pour tout de suite, estime Patrice Lenoir. Le TGV constituerait en effet «la seule activité rentable de la SNCF».

Mais pour que le modèle continue de fonctionner, «il faut que le matériel le permette», rappelait le président de la SNCF, Guillaume Pepy, en octobre lors d’un séminaire de presse. L’amélioration du réseau et du matériel roulant, souvent mis en cause par les usagers, apparaît donc nécessaire.

Politique de petits prix

De nouveaux aménagements sont ainsi prévus dans les TGV d’ici à la fin 2015. Barbara Dalibard, directrice générale de SNCF Voyages indiquait en octobre dernier que les sièges devraient être repensés, que les prises électriques allaient se multiplier et qu’il serait bientôt possible de ranger un bagage sous son siège. Des améliorations qui ne font pas oublier «le vrai problème: son modèle d'exploitation», pointe le vice-président de la Fnaut.

D'après-lui, «des erreurs de gestion et une vision politique court-termiste» sont en train de plomber ce train, «d'abord conçu pour concurrencer l'avion, avec des dessertes trop centrées sur Paris. Alors qu'il pourrait également servir à effectuer des trajets province-province».

Face à la concurrence des avions lowcost et du covoiturage, la SNCF abat elle aussi la carte des prix réduits. «Notre politique est de multiplier les prix bas car la crise est dure», rappelait le patron de la SNCF, en décembre. Guillaume Pepy précisait même que le nombre des billets de trains à petits prix allait «doubler en cinq ans».

Quant à proposer de telles offres durant le mois de janvier, l’entreprise était déjà coutumière, rappelle Jean Lenoir. Elle fait simplement, «un peu plus de pub dessus».